Foals : What Went Down

Deux ans après avoir mis la barre haute, très haute avec le “tubesque“ Holy Fire, Foals revient pour frapper encore plus fort. Toujours aussi audacieux et créatif, le groupe signe l’un des albums les plus attendus de l’été. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que What Went Down a plus d’un argument de séduction.

Véritable phénomène musical dès la sortie de son premier opus Antidotes en 2008, Foals s’est très rapidement vu propulsé au devant de la nouvelle scène anglaise comme l’un des groupes les plus “cools“ de sa génération. Et ce titre, logiquement récolté à coups de singles efficaces (Cassius, Balloons, …), de concerts déjantés et, surtout, grâce à une signature artistique incomparable, n’a fait que se confirmer au fil des années et des albums.

Pourtant, ce succès soudain réunissant désormais une communauté de fans impressionnante n’était pas gagné d’avance pour ces jeunes musiciens originaires d’Oxford. Débarqués dans le milieu de la pop anglaise avec un math rock énervé (style musical saccadé jusqu’alors réservé à quelques amateurs éparpillés dans le pays) ne les prédestinait en effet à rien de très glorieux sur papier.

Mais il s’est avéré que ça, c’était sur papier uniquement car dès son deuxième album, le groupe confirme. Davantage dans une subtile douceur envoutante que dans l’agressivité et la fraîcheur du premier album, Foals prouve que c’est un groupe capable d’évoluer. A l’image du titre Spanish Sahara, les anglais mettent enfin toute leur sensibilité au service de leur musique sur Total Life Forever, sorti en 2010.

En 2013, avec Holy Fire, le groupe continue sa progression, se mettant même à battre ses propres records de vente en atteignant notamment la deuxième place des “charts“ en Angleterre et la première en Australie. Le tube absolu My Number fait alors danser les minettes branchées du monde entier.

Cette jolie discographie vient tout juste de s’agrandir le 28 août dernier, avec le tant attendu What Went Down. Produit par le grand James Ford (Arctic Monkeys, Florence & The Machine, …), l’album était déjà précédé par trois singles mis en images dans trois clips à sa sortie. L’éminemment puissant et très violent titre éponyme de l’album, What Went Down, sorti en juin dernier, ouvrait les hostilités avec un clip sombre mettant en scène une noyade. Très vite, ce premier single était rejoint par un second, tout aussi efficace, mais plus enjoué cette fois-ci. Plus pop, aussi. Il s’agit du très “catchy“ Mountain  At My Gates. Et un troisième clip clôturait cette campagne de pré-promotion 2.0 avec l’émouvant A Knife In The Ocean début août.

Bref, il y en avait déjà pour tous les goûts à la sortie de ce quatrième LP. Le ton était donné. Mais au contraire de certains groupes qui ont tendance à livrer le meilleur dans leurs singles, Foals est un groupe qui en a toujours sous la pédale et surtout, qui construit ses albums comme des œuvres cohérentes, où chaque chanson répond aux précédentes autant qu’elles fait écho dans celles qui suivent. What Went Down est un album complet qui offre une dynamique encore plus ample que ses prédécesseurs.

On passe par toutes les émotions en écoutant cet album. Au milieu des trois singles imparables qui l’ouvrent et le ferment s’articulent sept titres méticuleusement choisis. Parmi ceux-ci, on retient particulièrement Lonely Hunter, qui nous rappelle la bonne pop anglaise à claviers du début des années 2000 à l’image du regretté groupe Doves,  le son métallique et torturé de la bombe Snake Oil et la touchante ballade London Thunder que l’on s’imaginera volontiers écouter en se promenant sous une fine pluie dans les rues de Londres un soir d’automne.

Foals fait donc partie de ces groupes qui parviennent à se renouveler, d’album en album, tout en gardant leur identité propre. Oui, car du Foals, ça sonne toujours comme du Foals. Et on est rarement déçus !

La bande à Yannis Philippakis se produira le 2 février prochain sur la scène de l’Olympia. Aucune date belge n’est encore programmée.

Florian Donnet
A propos Florian Donnet 22 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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