Florence Foster Jenkins, la justesse des intentions

03582 Florence Foster Jenkins - Photo Nick Wall.NEF

florence foster jenkins poster

Florence Foster Jenkins

de Stephen Frears

Biopic, Comédie dramatique

Avec Meryl Streep, Hugh Grant et Simon Helberg

Sorti le 3 août 2016

cinema 14

Florence Foster Jenkins (Meryl Streep) est une mondaine new-yorkaise dédiant sa vie et son héritage à la musique. Avec son mari et impresario, St Clair Bayfield (Hugh Grant), ils dirigent le Club Verdi, rassemblant amateurs de musique et jeunes artistes. C’est dans ce cercle très fermé que Florence donne parfois des récitals, marqués par l’extrême fausseté de son chant. Cela ne semble pas le moins du monde déranger ses auditeurs, mais lorsqu’elle va vouloir se produire au prestigieux Carnegie Hall face à un public de non habitués, de sérieux problèmes vont se poser.

Après Xavier Giannoli avec Marguerite, c’est au tour de Stephen Frears de rendre hommage à la cantatrice la plus singulière de l’histoire de l’opéra. Le réalisateur britannique a cependant choisi de raconter la vie de Florence Foster Jenkins de manière beaucoup plus proche de la réalité et en usant des codes classiques du biopic. Succédant à la merveilleuse Catherine Frot, Meryl Streep endosse le rôle de l’incomparable soprano avec une justesse quelque peu paradoxale (elle aurait même pris des cours pour chanter faux, bien loin de ses performances dans Mamma Mia!, Ricki and the Flash ou encore Into the Woods). Une fois habitué aux gloussements émis avec une grâce toute relative, on ne peut que s’attendrir face à un tel personnage, si naïf et bienveillant, mais aussi se laisser impressionner par autant de détermination et de passion.

Au premier abord, le couple Streep-Grant peut ne pas sembler tout à fait assorti, à l’image des personnages qu’ils incarnent, mais il en ressort une grande tendresse et un rôle assez intéressant pour Hugh Grant, qui s’éloigne de l’habituel playboy égocentrique. Oscillant entre adoration et hypocrisie, il sème le doute sur ses véritables sentiments à l’égard de sa femme, ce qui pose la question de savoir si l’amour que l’on porte à quelqu’un peut justifier un manque d’honnêteté ou, au contraire, s’il impose une franchise qui risque de briser les rêves de la personne aimée.

Outre une histoire exceptionnelle qui mérite amplement sa deuxième portée à l’écran, le dernier film de Frears nous replonge dans le fringant New York des années 1940 grâce à des décors et des costumes qui ne nous donnent qu’une seule envie : retrouver cette ambiance si particulière. Et pour ne rien gâcher à la réussite de ce film où les sujets les plus graves sont abordés avec humour et tendresse, la performance de Simon Helberg (Howard Wolowtiz dans The Big Bang Theory), incarnant Cosme McMoon, le courageux pianiste de Jenkins, est tout simplement géniale, provoquant la plupart des rires des spectateurs. L’optimisme du film se répand dans la salle, d’où l’on ressort prêt à affronter la réalité. En effet, Florence Foster Jenkins est la preuve vivante qu’il ne faut jamais abandonner ses rêves, malgré les obstacles de taille rencontrés en chemin.

Julie Vermandele
A propos Julie Vermandele 24 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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