Festival XS
Du 22 au 27 septembre 2025
Au Théâtre des Tanneurs
Alors qu’il s’est imposé depuis 2011 comme un immanquable de la scène théâtrale bruxelloise, le festival XS s’éteint en 2020 avec la pandémie. Cette année, nous fêtons donc son grand retour. Et pour l’occasion, le festival fait peau neuve puisqu’il se tiendra du 22 au 27 septembre, non plus au Théâtre National, mais à celui des Tanneurs.
Vous êtes fatigués des invitations de votre lointain cousin qui ne manque pas de bonnes intentions, mais qui ne connaît visiblement pas vos goûts. Fatigués de vous laisser berner par des résumés alléchants. À cela, les Tanneurs a la solution. Elle tient en deux lettres : XS. Pour tout bon bruxellois, le XS n’est pas seulement une taille de jean. C’est aussi la promesse de rendre le théâtre accessible en proposant des formats courts – pas plus de 25 minutes par spectacle. Et si ça ne plaît pas ; de toute façon, ça ne dure pas. Car la formule est simple, c’est du théâtre à la carte. Avec les 22 pièces et autres propositions du festival, le spectateur peut se composer lui-même un programme de plusieurs représentations par soirée.
Le format court, c’est un peu du donnant/donnant. Une recette qui met, franchement, tout le monde d’accord. Pour le spectateur, c’est, donc, l’occasion de ne pas se laisser enfermer. De découvrir le théâtre à travers sa diversité. Mais c’est aussi une belle manière pour les jeunes artistes de se lancer ou pour les autres de présenter un spectacle en cours de création. Au XS, ce n’est pas tellement la fin qui compte, mais les moyens. On ne cherche pas la maturité, mais on se laisse traverser par l’effervescence et l’innovation. D’ailleurs, la programmation est éclectique.
Dans la grande salle, le calme aseptisé d’une cantine de bureau est troublé lorsque deux employés tirés à quatre épingles, dans leur costume d’un gris terne mais immaculé, font une sanglante découverte. C’est palpitant, au sens littéral du terme. Frozen. À quelques pas de là, se tient une expérience immersive, Nos amours froides, dans laquelle le spectateur est invité à traverser le quatrième mur pour affronter l’enfer des rencontres à l’ère du numérique. Et puis, il y a Toujours de trois quart face, la position idéal au combat et pour, Loraine Dambermont, une source d’inspiration chorégraphique. Perdre à perdre ou le naufrage d’un perdant que le destin avait placé en héros. Et le meilleur pour la fin : Caillou et Caillou sont deux supers partenaires qui dans l’absurdité de leur immobilisme cherche un sens à la vie.
Le festival XS c’est donc une multitude de propositions. Et les Tanneurs, un lieu de rencontre pour toutes les disciplines des arts vivants. Il y a du théâtre évidemment. Mais aussi du cirque, de l’écriture, des performances ou encore des arts visuels. C’est d’ailleurs par un concert de l’artiste belge Noe Preszow et un dj set de Justine Theizen – intitulé All about love – que se clôturera cette nouvelle édition du XS placé sous le signe de l’amour. L’amour du théâtre, certes. Mais aussi l’amour en général. Douze lettres enflammées seront lues lors de ce festival qui déborde de passion, aussi bien dans ses thématiques que dans sa manière de transmettre.
« Cet événement représente aussi un gros challenge pour les équipes du Théâtre Les Tanneurs. Nous étions nombreux et nombreuses à vouloir le relever » explique Alexandre Caputo, directeur artistique.
Et finalement, le festival XS c’est – et ça a toujours été – l’occasion de découvrir l’envers du décor. Organisé comme une déambulation dans l’espace du théâtre, chaque recoin peut devenir une scène. Le festival prend ses aises. Il s’installe dans la salle de réunion, le foyer, la mezzanine et s’étend même jusqu’au Skatepark. Pour Alexandre Caputo, le défi est de taille. Un retard de quinze minutes peut tout chambouler. Alors l’équipe est au taquet. Et force est de constater que tout roule. Les salles sont bien indiquées et la communication fluide. Mieux encore, on refuse de laisser les contraintes organisationnelles impacter la mise en scène, parfois très impressionnante au regard du temps imparti entre les changements, des œuvres proposées. Chapeau bas. C’est une belle réussite pour ce grand retour.
