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    Festival Francofaune : Chose electropop, queerness et activisme

    À quelques jours de sa performance au festival Francofaune, prévue le samedi 4 octobre prochain à 14h à la Maison poème, Chose nous embarque dans son univers musical et politique et promet un exercice scénique puissant.

    « J’aimerais que le public garde en tête que nous naviguons souvent dans des espaces sociaux où il est difficile d’être soi-même. Mais lorsqu’on trouve des interstices pour se révéler pleinement, ces moments sont riches et importants », confie iel.

    Pour Chose, queerness et punk signifient « proposer une manière de faire et d’exprimer qui est souvent à contre-courant des normes dominantes, tout en explorant d’autres sentiers sociaux, politiques et artistiques ».

    Iel voit la scène comme un lieu d’expérimentation, où se révéler est un acte de liberté.

    À quoi doit-on s’attendre sur scène?

     Le show de 30 minutes que nous proposons est une nouvelle forme de concert pensée pour Francofaune. On y retrouvera des morceaux électropop entraînants et puissants, autant au niveau des productions que des textes. Mais il y aura aussi des moments plus doux, pour partager avec le public. L’idée, c’est de faire vivre des émotions variées : certains morceaux feront pleurer, d’autres danser, d’autres encore bouger la tête très fort. On veut vraiment traverser toute une palette émotionnelle et donner le meilleur de nous-mêmes. 

    Et que souhaiterais-tu que le public retienne ?

    J’aimerais que iel garde en tête que chacun·e est légitime à exprimer ce qu’iel ressent. Nous naviguons souvent dans des espaces sociaux où il est difficile d’être soi-même. Mais lorsqu’on trouve des interstices pour se révéler pleinement, ces moments sont riches et importants, autant pour soi que pour les autres. Je souhaite que les gens repartent avec l’envie d’identifier ce qu’iel cache et de l’exprimer en toute légitimité. 

    Tu parles de queerness et de punk dans ton projet. Que cela signifie-t-il pour toi ?

    C’est une manière de faire et d’exprimer qui est souvent à contre-courant des normes dominantes. Mais ce n’est pas uniquement de la provocation : c’est aussi une manière de réfléchir à d’autres sentiers, que ce soit socialement, politiquement ou artistiquement. Mon projet propose d’autres manières de voir, d’autres façons d’être. 

    Tu dirais que c’est ton parcours d’anthropologue qui influence ton approche musicale ?

    Oui. Il l’influence à deux niveaux. D’abord dans l’écriture : mes textes sont nourris par mes études en anthropologie et en études de genre. Ensuite dans mes choix artistiques : je cherche à produire une musique ancrée dans la société et dans des mouvements politiques qui me parlent, anticapitalistes, antifascistes, et à questionner ce que signifie faire de l’art dans notre monde. Mon nom de scène fait écho à ma formation anthropologique : il désigne tout ce qui nous entoure, vivant ou non, humain ou pas. Pour moi, nous sommes façonné·es par notre environnement, et ce nom incarne le respect et la synergie avec tout ce qui nous entoure.

     Dans ton dernier projet, Habiter l’orage, à qui t’adresses-tu ?

    D’abord à moi-même. L’écriture a toujours été un moyen d’exprimer mes émotions. Mais notre album s’adresse aussi à un public queer, en questionnement, et à des personnes cis et hétéro qui ont envie de réfléchir sur les masculinités et les violences de genre. 

    Tu travailles actuellement sur un autre projet, TSF Donate, peux-tu nous en dire plus ?

    Il sort fin octobre. L’idée est de soutenir le Trans Solidarity Fund Belgium, une fondation qui aide les personnes trans précaires. C’est un projet politique : il s’agit de sensibiliser à la notion de don et au privilège de pouvoir aider celles et ceux qui sont moins favorisé·es. Donner, c’est littéralement sauver des vies. 

    Comment est-ce que ton identité trans non binaire a-t-elle eu un impact sur ta carrière musicale ?

    Heureusement, pas trop d’impact négatif jusqu’ici. Être non binaire et d’apparence plutôt masculine m’a permis d’éviter certaines violences que d’autres femmes trans peuvent subir. Et montrer mon authenticité sur scène a aussi été un atout pour être programmé·e. Mais il est certain que certaines opportunités peuvent m’échapper parce que mon projet parle de queer et de trans. Il y a une bonne partie des scènes que j’ai pu faire qui étaient des scènes Queer. Donc, je dirais qu’en termes de professionnalisation, le plus gros enjeu pour un projet comme celui-ci, c’est de proposer le concert dans des endroits qui sont pas forcément Queer.

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