C’est le pois chiche qui sera à l’honneur pour le dernier article sur le FAME. Oui, le pois chichi, le très humble pois chiche qu’on aime manger en houmous (signifiant littéralement pois chiche) qu’on aime en falafel. On ne compte plus les déclinaisons possibles ; houmous de betterave, de potiron, de patate douce, falafels de fèves, falafels en pokébowl. Le workshop du jour nous propose un back to basic, un retour aux recettes levantines authentiques. Accompagné du collectif Tashattot qui soutient et créé du lien entre des artistes originaires de la région du SWANA (South-West-Asia-North-Africa), c’est le directeur artistique et graphiste syrien Kinan Mansour qui nous délivre sa passion pour la cuisine levantine.
Trois recettes à l’honneur ; du houmous, des falafels et un fateh (du pain libanais en morceaux frits recouverts de pois chiche eux-mêmes recouverts d’une sauce yaourt au tahini décorée d’amandes grillées dans du ghee). La beauté de ces recettes nous saute aux yeux, car c’est bien plus qu’une affaire de goût, c’est une porte d’entrée vers une culture riche. Au fil des gestes et des explications, Kinan Mansour nous transmet surtout une histoire, une façon de penser le partage, une histoire de convivialité et de solidarité voire de militance. Prenons l’exemple du falafel qu’on trouve sous forme de pokébowl et qui s’est répandu chez nous en Occident. Cette manière de servir le falafel est issue d’une appropriation par « l’ennemi » (selon les mots de Kinan) et la refuser pour revenir aux pratiques traditionnelles serait une sorte d’acte militant.
Ce moment de transmission nous rappelle que, lorsque nous cuisinons, nous travaillons non seulement des ingrédients, mais aussi une mémoire collective. Chaque recette porte en elle des savoirs, des histoires de famille, de territoire et de migration, qu’il serait réducteur de gommer. Sans tomber dans la radicalité, s’intéresser aux aspects culturels d’un plat, c’est lui apporter une saveur supplémentaire. N’oublions pas qu’après la transmission, il y a la dégustation, un aspect primordial de la cuisine levantine. Simple et savoureuse manière de boucler ce workshop ; les plats au centre, on se sert dedans directement, hors de question de remplir sa propre assiette comme si nous voulions sécuriser nos portions. Jusque dans l’acte de se servir, Kinan Mansour a été généreux et passionnant.
Plus d’infos sur le festival : https://famefestival.be/fr/
