Titre : Éloge du tatouage
Auteur.ice : Héloïse Guay de Bellissen
Édition : Rivages
Date de parution : 14 janvier 2026
Genre : Roman
Avec Éloge du tatouage, Héloïse Guay de Bellissen signe un livre qui déjoue d’emblée les attentes. Le titre pourrait faire croire à un manifeste… Il n’en est rien ou pas tout à fait.
L’autrice nous invite dans une surprenante performance artistique nommée « cadavre esquisse ». Elle se fait tatouer le dos d’une œuvre collective réalisée par dix tatoueur·euse·s rencontré·e·s à travers la France, en leur laissant carte blanche.
Le livre suit le fil de cette aventure au long cours. L’autrice nous emmène donc au travers de dix séances de tatouages, au travers desquels elle se prête au jeu de l’interview. Chaque séance devient un chapitre, un moment suspendu où l’on découvre l’univers d’un·e artiste, son parcours, son rapport au métier, à l’art. Héloïse Guay de Bellissen adopte la posture de l’intervieweuse curieuse, mais aussi celle du corps traversé par l’aiguille. Car ce qui se joue ici n’est pas qu’un échange de paroles : c’est une rencontre physique, une cohabitation forcée entre deux sensibilités le temps d’un dessin gravé à vie.
Entre ces entretiens s’intercalent des pages de journal de bord. L’autrice fait place à la confidence, elle nous livre des réflexions sur le tatouage, l’art avec parfois des apports théoriques et des instants de vie. Tout cela fait écho aux entretiens et permet un ton vivant, incarné, traversé d’anecdotes et d’émotions. Ce dispositif donne au livre une forme hybride et attachante.
Les univers graphiques des tatoueur·euse·s surgissent dès l’ouverture de chaque entretien, comme pour rappeler que l’image précède toujours le discours. Le texte devient alors le prolongement d’un geste, une manière de traduire en mots ce qui s’inscrit d’abord en traits et en couleurs.
Un concept étonnant qui nous permet de traverser une galerie de personnalités de tatoueur·euse·s, dont l’univers graphique s’esquisse dès la première page de chaque entretien. Comme pour rappeler que l’image précède toujours le discours où le texte devient alors le prolongement d’un geste, une manière de traduire en mots ce qui s’inscrit d’abord en traits et en couleurs.
Éloge du tatouage se révèle ainsi être un véritable manifeste, porté par la pluralité des voix recueillies : celles des artistes évoquant leur rapport au geste, à la création et au métier, mais aussi celle, plus intime, d’Héloïse Guay de Bellissen. Entre récit biographique et exploration, l’ouvrage célèbre le tatouage comme un art vivant, relationnel et profondément humain.
