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    El refugio atómico, juteux abri clos

    Dans un bunker de luxe conçu pour résister à toutes les catastrophes imaginables, un groupe de milliardaires se retrouve contraint de cohabiter après s’être enfermé face à la menace d’un conflit mondial sans précédent. Kimera Underground Park devient alors le théâtre étouffant de la confrontation entre deux familles hantées par le passé. Coupés du monde et n’ayant nulle part où aller, chacun révèle sa véritable nature, tandis que les secrets les plus sombres refont surface et que des alliances inattendues se nouent.

    On le sait, Álex Pina aime les espaces clos. Après les braquages confinés de La Casa de Papel et les motels rouge vif de Sky Rojo, le showrunner espagnol descend cette fois sous terre. El refugio atómico, sa nouvelle création Netflix co-signée avec Esther Martínez Lobato, enferme une poignée de milliardaires dans un bunker censé résister à tout : guerres, pandémies, effondrements, taxes douanières trumpiennes, mais pas à la tarte au riz du dimanche puisque mamie est avec vous. Bref, le fantasme ultime du survivaliste de salon de thé.

    Sur le papier, la série coche toutes les cases de la dystopie mainstream : décors high-tech, menace globale floue et casting de premiers de la classe. Mais ce qui aurait pu devenir un Succession souterrain ou un White Lotus radioactif se transforme vite en huis clos psychologique d’une platitude frustrante. Deux familles que tout oppose, sauf l’argent, se toisent sous lumière artificielle, prisonnières de leur propre confort. Le hic, c’est que Pina et Lobato semblent avoir oublié d’insuffler une once de chair à leurs personnages : des silhouettes, des archétypes, presque des éléments de décor.

    Certes, El refugio atómico revendique une ironie mordante face au cliché du « billionaire survivalist », ces magnats persuadés de pouvoir se sauver seuls de l’apocalypse. Et par moments, la série flirte avec la satire qu’on espérait : voir ces fortunés se quereller sur la température du jacuzzi ou s’indigner de devoir dresser la table soi-même relève d’une comédie noire plutôt savoureuse. Mais l’éclair critique s’éteint aussitôt et le propos social, déjà tiède, retombe comme un soufflé.

    Là où Silo dissèque les structures du pouvoir et The White Lotus étrille la vacuité du privilège, El refugio atómico hésite entre thriller dystopique et soap familial. L’épisode pilote, en révélant trop tôt ses grosses ficelles narratives, grille une de ses rares cartouches. Le spectateur, davantage frustré que captivé, observe alors ces milliardaires en perte de repères chercher vainement un sens à leur existence dorée.

    Reste une production soignée, quelques beaux décors et une tension contrôlée qui finit, malgré tout, par intriguer. Non pas parce qu’on s’attache aux personnages, mais parce qu’on espère secrètement que quelqu’un finira par couper l’oxygène — juste pour voir ce qu’il se passe.

    En somme, El refugio atómico n’est ni un désastre ni une révélation : c’est une série à l’image de ses protagonistes – élégante, bien financée, mais foncièrement inutile.

    Matthieu Matthys
    Matthieu Matthys
    Directeur de publication - responsable cinéma du Suricate Magazine.

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    El refugio atómicoCréateurs-trices : Álex Pina et Esther Martínez LobatoGenre : ThrillerActeurs et actrices : Miren Ibarguren, Joaquín Furriel, Natalia VerbekeNationalité : EspagneDate de sortie : 19 septembre 2025 Voir sur Netflix Dans un bunker de luxe conçu pour résister à toutes les catastrophes imaginables, un...El refugio atómico, juteux abri clos