Dimanche, petite pause en apesanteur

Jon McNaught

Scénario & Dessins : Jon McNaught
Editions : Dargaud
Sortie : 29 janvier 2016
Genre : Roman graphique

Dimanche est un roman graphique plutôt atypique dans le paysage de la bande dessinée. Conçu dans un format de poche, sans bulles narratives ni dialogues, le premier ouvrage du jeune dessinateur Jon McNaught s’offre le luxe de se passer d’histoire. Loin du quotidien agité et ultra connecté qui rythme nos vies, ce petit livre aux contours poétiques nous invite à suspendre le temps, à nous évader. Qui n’a jamais connu la langueur d’un dimanche soir, son ennui morose ? Parenthèse vide, le jours du repos confine souvent à la paresse et à l’inaction.

Jon McNaught dresse un portrait de deux jeunes garçons qui prennent de la hauteur pour mieux observer l’ordinaire de la vie. Grimpés sur le toit d’une maison, les deux adolescents sont gagnés par l’ennui et le silence. Témoins de ce qui les entoure, ils observent des petits riens : un avion qui passe, un vol d’oiseau, des ombres qui s’allongent, des nuages qui s’attardent, un cycliste qui chute. Autour d’eux, l’horizon se dessine sur un quartier résidentiel composé de maisons préfabriquées et de jardins bien découpés. Dans cette balade en apesanteur, il y a très peu de bruits, juste des sons brefs provenant de la télé, des jeux vidéo que les enfants regardent distraitement ou encore des piaillements d’oiseaux.

Le jeune Britannique décortique la routine à grand renfort de vignettes pointillistes aux teintes pastelles. Parsemées de petits détails, celles-ci finissent par faire résonnance dans l’esprit des lecteurs. Jon McNaught se garde bien cependant de donner les clés d’une quelconque interprétation, laissant tout le pouvoir à l’imaginaire de ses lecteurs. Malgré son épure, le dessin dégage une force, réussit à saisir la beauté de ces instants futiles de fins de journée où la vie paraît suspendue.

Bref, Dimanche est un petit roman graphique plaisant, tout en élégance et délicatesse, qui, mine de rien, nous invite à vagabonder dans nos souvenirs.

Marie-Laure Soetaert
A propos Marie-Laure Soetaert 134 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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