Deux jours aux Nuits Secrètes 2016

Le festival des Nuits Secrètes soufflait cette année ses 15 bougies et garde toujours le même état d’esprit artisanal et solidaire qu’au premier jour.

Bien que l’édition 2016 ait été menacée de ne pas avoir lieu suite à la baisse des subventions (Aulnoye-Aymerie, la ville dans lequel le festival est organisé doit faire face à de grande difficulté économique), les artistes, festivaliers et bénévoles étaient au rendez-vous.

Toujours dans l’ombre du Main Square, les Nuits Secrètes se démarquent avec les parcours secrets, un principe simple un lieu secret, un artiste secret et le tour est dans le sac.

Et cette année encore, des artistes à faire rougir certain des plus grands festivals et on commence la soirée du samedi en douceur avec C. Ducan dans l’intimité fleurit du la scène Jardin.

Le cadre très cosy et la verdure du jardin sont en harmonie avec la pop éblouissante du jeune écossais. C. Ducan n’est pas un grand fan de concert, il avoue lui-même être plus dans son élément en studio, mais l’atmosphère des Nuits Secrètes a l’air de lui avoir plu. Devant un public restreint mais conquit le musicien et sa bande ont offert un concert honnête, doux et apaisé qui peut rappeler dans un sens les belges de Girls in Hawaii.

Pour enfin voir le Jardin remplit il faudra attendre Petit Biscuit, héros national des internautes français, il a offert son DJ set dans un Jardin qui lui appartenait, les gens étaient conquis.

Le jeune adolescent n’est pourtant pas encore habitué des grandes scènes et on le voit, peu d’interaction avec le public et ne lève jamais la tête de ses platines et autres pads. L’heure à laquelle il était programmé ne jouait pas en sa faveur non plus, la luminosité naturelle était encore haute ce qui ne met pas en valeur les habituels jeux de lumières qui accompagnent les Djs.

Cependant la transition musicale était assurée entre C. Ducan et Petit Biscuit, bien que dans des genres complètement différents, ils apportent la même nostalgie douce dans le Jardin des Nuits Secrètes.

Arrive la nuit synonyme des premières « grosses têtes » d’affiche sur la Grande Scène, et surtout place à une autre sorte de nostalgie avec Alain Souchon et Laurent Voulzy. C’est déjà une longue histoire entre ces deux musiciens, et ils n’arrêtent pas d’écumer les salles et festivals depuis la sortie de leur album en collaboration à l’automne 2015.

Dans le public cependant ils ne font l’unanimité que sur la fin du concert et lors du rappel, avec l’enchaînement Le Pouvoir des Fleurs, Foule Sentimentale, Rockcollection et Belle-Île-En-Mer, Marie Galante pour terminer les 1h45 de concert. Ils ont tout de même conquis le cœur des aulnésiens en faisant monter sur scène une enfant du pays, Hélène Lombard qui est née dans la petite ville de Aulnoye-Aymière et dont l’album a été produit par Laurent Voulzy lui-même.

Mais la Grande Scène n’était remplit que pour Deluxe ce soir-là, qui ont clairement mit le feu aux Nuits Secrètes.

Ils annoncent la couleur d’entrée de jeu avec une communication excellente avec le public. Pas une personne n’est restée sur place tellement le show était intense. On devine déjà la folie du groupe de par ses morceaux mais aussi les costumes, la dynamique et leur symbole : la moustache.

Sur scène, ça bouge, ça brille et ça donne la pêche à coup de “LES NUITS SECRETES EST-CE QUE VOUS ETES LAAA ??”. Pas une minute de répit, on ne s’ennuie pas du début à la fin, le concert progresse peu à peu d’une musique funk pop à un electro groove pas déplaisant.

Difficile de fermer la marche après la folie Deluxe, Mr. Oizo et son show lumineux remplit néanmoins le Jardin et propose une belle introduction à la suite de la soirée et aux DJ set de la scène Bonaventure qui prend le relais jusqu’à 4h du matin.

Les Nuits Secrètes, petit festival mais à la pointe de la technologie. Le festival propose déjà une application mobile mais aussi une carte Cashless (baptisée Cache-cash) dans l’enceinte du festival qui fonctionne dans tous les stands du festival.

Autre point fort, un camping avec une limite de billet, qui permet à chacun d’avoir son espace et de ne pas être les uns sur les autres, et surtout séparé en deux pour permettre ceux qui ne veulent pas entendre parler d’apéro jusqu’au bout de la nuit de dormir en paix.

Pour encore plus faciliter l’accès à toutes les bourses les billets sont mis en vente séparément c’est à dire que l’on peut aller uniquement sur la Grande Scène ou le Jardin pour une soirée ou ne faire que les Parcours Secrets qui ne coûtent que 6€ dans l’après-midi. Un système solidaire intéressant mais un peu casse-tête lors de l’achat des billets.

Dans le même esprit de solidarité et d’ouverture du festival à tout le monde le programme des Nuits Suspendues était reconduit cette année, le principe est de demander aux festivaliers de donner un petit quelque chose pour pouvoir offrir à une centaine de personne dans le besoin l’accès au festival.

Un des points négatifs était l’attente avant l’ouverture du festival et le manque d’activité : lorsque l’on vient trois jours à Aulnoye-Aymeries, attendre tous les jours le début des concerts à 17h/18h, c’est long.  De plus, rien n’est prévu au camping ou dans la ville pour faire patienter tous les festivaliers avant les concerts s’ils ne participent pas aux parcours secrets.

Autre soucis, le timing entre les concerts et les scènes. Les dispositifs de sécurité étant renforcés dû aux récents événements en France, le passage entre les scènes étaient plus complexe et long puisque l’on était fouillé à chaque entrée, on loupait forcement des moitié de concerts, voir des concerts entiers en passant d’une scène à l’autre.

Le dernier jour de festival commence avec panache sur la Grande Scène avec les gagnants du tremplin 2015 les lillois de BE4T SLICER. Le quatuor nous propose une musique electro jazz fusion sympathique mais qui a du mal à convaincre le public sous un soleil encore haut dans le ciel. Ils auraient surement été plus apprécié en milieu de soirée avant les belges de 2MANYDJS qui clôturaient le festival sur la Grande Scène ce soir là.

La soirée était au contraire plus tourné punk-rock déjanté, le public était à l’image de la programmation, crêtes et autre blouson clouté avaient fleuri dans la fosse de la Grande Scène. Pour ouvrir le bal anarchiste les américains de Oblivians qui venaient terminer leur tournée aux Nuits Secrètes. Un show déjanté et simpliste avec changement de batteur, de guitariste, de batterie, de chanteur entre les musiciens et chansons punks comme on les aime avec des titres comme She’s a Hole ou Guitar Shop Asshole. Le groupe plaisante même avec le public en disant que c’était la première fois qu’il jouait dans un festival ou ils pouvaient bronzer sur scène, avant de laisser la place sur la Grande Scène.

Au Suivant ! Probablement le groupe le plus attendu de la soirée, les Ludwing Von 88 avec leurs hymnes trash, punk, rock, reggae, enfin tout ce que vous voulez. Reformé cette année à l’occasion du Hellfest, on attendait leur retour depuis une petite vingtaine d’années et les fans étaient présents pour reprendre en chœur les chants des années 80 du groupe français. Rien n’a changé et c’est toujours aussi efficace. Une théâtralisation déjanté, déguisements et chansons loufoques.

Autour de Gogol Bordello pour clore la soirée punk de cette édition des Nuits Secrètes, avec leur Gipsy Punk qui mélange à la fois musique traditionnelle gitane et punk rock, pour assurer un show digne d’un cabaret dément !

Pas moins de huit musiciens sur scènes et une mise en scène dynamique, le frontman Eugène Hütz court partout d’un bout à l’autre de la scène accompagné de deux jeunes filles qui font partie intégrante de ce spectacle à l’américaine. Ils ne nous offrent pas une minute de répit et les tubes s’enchaînent comme Start Wearing Purple ou Wonderlust King.

Le public comme le groupe ont passé un excellent moment, Eugène Hütz finira d’ailleurs dans le public en équilibre sur une grosse caisse. Ils laissent un public chaud bouillant à 2MANYDJS pour clôturer les concerts sur la Grande Scène.

Après toute cette dépense d’énergie, le courage manquait pour faire la queue et assister à un tout petit bout du concert de Feu! Chatterton.

Malgré ces petits soucis d’attente à cause des fouilles (un renforcement de sécurité qui semble tout de même indispensable), les Nuits Secrètes  est toujours un festival avant tout humain ou l’on passe de bons moments en famille ou entre amis.

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