
Dear me, I was…
Editeur : Arc System Works
Genre : Aventure interactive
Plateforme(s) : Nintendo Switch et Switch 2, Android, iOS, PC
Date de sortie : 31 juillet 2025
Dear me, I was… est un jeu édité par Arc System Works (éditeur japonais) sorti sur Nintendo Switch 2 le 31 juillet 2025, et sur les autres plateformes (Switch, Steam, Android et iOS) le 12 février 2026. Grâce aux coups de pinceau de Taisuke Kanasaki, le jeu raconte l’histoire d’une jeune femme avec une délicatesse rare.
Une aventure calme et apaisante
Pendant environ une heure, le jeu raconte les grandes étapes de la vie de sa protagoniste, de l’enfance à l’âge adulte. Le parti pris est clairement contemplatif : peu de mots, peu d’effets appuyés, mais une succession de souvenirs qui mettent en avant la joie, la solitude, les doutes et les élans d’espoir. Ce choix fonctionne particulièrement bien, car il évite le pathos et laisse respirer les scènes. L’ensemble dégage une vraie sincérité.
La dimension poétique repose avant tout sur les aquarelles de Taisuke Kanasaki. Les couleurs sont délicates, les traits parfois flous, ce qui donne aux images un aspect presque fragile, parfaitement en accord avec le thème de la mémoire. L’intégration de la rotoscopie — technique d’animation consistant à redessiner image par image par-dessus des prises de vue réelles afin d’obtenir des mouvements plus naturels — apporte une fluidité subtile aux personnages sans trahir l’esthétique picturale. Le rendu est harmonieux et cohérent.
La musique, douce et discrète, accompagne l’ensemble avec justesse. Elle ne cherche pas à forcer l’émotion, mais la soutient avec finesse. Le résultat est une expérience réellement poétique, où l’atmosphère constitue la plus grande réussite.

Un gameplay qui laisse à désirer
Quant au gameplay, il se révèle extrêmement simpliste, presque inexistant. L’interactivité est ultra limitée et ne dépasse jamais le stade de l’accompagnement symbolique. Les actions proposées sont rares : cliquer sur un plat au début de certains chapitres pour « manger », déplacer un pinceau afin de compléter une peinture… Rien de véritablement engageant ni de mécaniquement stimulant. Ces interactions ont le mérite de rester cohérentes avec la direction artistique, mais elles ne procurent ni défi ni réelle implication. Ce minimalisme peut être perçu comme un choix assumé, en accord avec la volonté contemplative de l’ensemble. Toutefois, il réduit fortement la sensation de jouer. L’expérience donne davantage l’impression d’assister à une œuvre animée interactive que de participer activement à un jeu vidéo.

En conclusion
Dear me, I was… séduit par sa direction artistique : les aquarelles sont magnifiques, la musique est touchante et l’ambiance fonctionne réellement. Sur le plan esthétique et émotionnel, le jeu remplit son contrat. En revanche, le manque d’action et de liberté peut peser lourd pour les joueurs en quête de défis ou d’action. L’interactivité est trop limitée pour parler d’un véritable jeu vidéo, et l’ensemble donne davantage l’impression de regarder un court métrage animé que de jouer. Le choix du minimalisme est assumé, mais il peut frustrer.
