
Dans le ventre de Bob
Texte : Alfredo Paniconi
Dessin : Lina Itagaki
Éditeur : le diplodocus
Date de parution : 17 septembre 2025
Genre : Album jeunesse
Dans le ventre de Bob est un album à dévorer dès 5 ans. À dévorer ? Oui, parce que Bob mange beaucoup. En fait, Bob mange tout ce qu’il trouve sous ses pattes. Le dentier de mamy ? Gloups, avalé. Le réveil de papa ? Il n’en a fait qu’une bouchée. Le peigne de maman ? Succulent. Bob, c’est un chien qui a de l’appétit, un appétit même assez surprenant.
Parce que le chien, comme nous le découvrons vite, ne s’intéresse pas qu’aux objets du quotidien. Il fait aussi dans le surréalisme. Un rocking-chair avec une vieille femme en train de tricoter, un crocodile, un patient et son dentiste, une fusée… vraiment tout, tout y passe. La comédie viendra de savoir quand ce chien s’arrêtera de sortir de sa bouche tout ce qu’il aura mangé (tout cru, sans les avoir digéré), à la façon d’une Mary Poppins canine.
Dans l’album jeunesse Dans le ventre de Bob, le jeu vient donc de ce chien, aux yeux hagards et aux joues qu’on voudrait tendrement pincer et secouer, de la gueule duquel le jeune garçon qui en est le propriétaire retire l’un après l’autre tous les objets (ou les personnes, ou les chats, etc.) qui s’y sont engouffrés, en cherchant ses devoirs. C’est évidemment comique de voir cet effet de répétition qui appuie sur le bouton de la surenchère, même si on peut se douter, dès le départ, que le chien n’est pas vraiment responsable du vol du devoir.
Bob est le véritable héros de l’album. D’ailleurs, le garçon, son propriétaire, n’a pas de prénom. Son animal et sa bouche gigantesque et infernale prenne de plus en plus de place, en jouant avec l’espace graphique, démultipliant sur la page les petits chats avalés ainsi que les conséquences multiples de son appétit insatiable ou faisant de sa gueule un nouvel espace souterrain duquel une vie autre semble possible, comme voguer sur un navire de pirates. Le dessin est amusant en lui-même et rend peut-être le texte moins consistant. Surtout que celui-ci semble avoir été traduit vers le français (il y a même une coquille, pour un album avec si peu de mots) ou non travaillé pour la spécificité de la langue française. Il fera néanmoins le bonheur des enfants qui se demanderont jusqu’où le brave Bob peut-il aller dans toutes ses bêtises et sa grande faim.
