Avant que je consume de Gaute Heivoll

avant que je consume en couverture

auteur : Gaute Heivoll
éditions : JC Lattès
date de sortiejanvier 2014
genre : Polar scandinave

Des incendies semés ça et là dans un village sans histoire où tous les habitants se côtoient depuis des années. Une rumeur de pyromane met le feu au poudre de la panique paranoïaque qui guette peu à peu les villageois de ce petit village de Norvège.

Deux histoires s’entremêlent dans cet amas de souvenirs et de cendres calcinés : d’un côté le fils solitaire du chef des pompiers et de l’autre l’écrivain expatrié dans la capitale revenant de dizaines d’années plus tard sur les lieux des « crimes ». Deux époques foncièrement différentes mais intimement liées par les actes d’un malade à la recherche de quelque chose lui permettant de combler sa vie.

Drag est le fils chéri de ses parents. Enfant unique ardemment désiré, il a dû mal à prendre sa place et trouver son chemin. De nature plutôt solitaire et distant, son regard est souvent traversé par une ombre faisant voguer son esprit dans des pensées obscures et imperceptibles. En digne fils du chef des pompiers, il prend plaisir à assister son père à chaque intervention, devenant chaque fois plus adroit dans la conduite du fourgon. Ayant littéralement grandi dans un fourgon de pompier, les feux n’ont petit à petit plus aucuns secrets pour lui. Il est pourtant de jour en jour plus secret et distant, ne parlant pas facilement et instaurant une sorte de malaise autour de lui.

Gaute est quant à lui né en pleine période des incendies que l’on qualifient ouvertement et à juste titre de criminels. Après une échappatoire envisagée dans des études à la capitale, Gaute revient dans le village de son enfance à la recherche d’indices et de témoignages lui permettant de recouper les récits et les évènements. Petit à petit, les choses deviennent de plus en plus claires, les éléments se recoupent et la trame se dessine… cellle de son enfance mais aussi des évènements qui ont bousculés l’année 1978 dans un village perdu de Norvège.

Avant que je consume nous plonge dans le passé, mêlé au présent. La construction d’un avenir d’une part, confronté à la recherche d’un passé d’autre part. Le développement plutôt lent du récit pourrait lasser le lecteur non assidu qui ne tiendrait pas jusqu’aux dernières pages pour voir se révéler le pot-aux-roses de l’histoire. Le récit se construit lentement mais sûrement, passant d’une anecdote à une autre et tissant la toile où s’imbriquent les divers éléments de l’histoire.

Déborah Lo Mauro
A propos Déborah Lo Mauro 221 Articles
Journaliste

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