
Conjuring : L’Heure du Jugement
Réalisateur : Michael Chaves
Genre : Epouvante-horreur
Acteurs et actrices : Vera Farmiga, Patrick Wilson, Mia Tomlinson
Nationalité : USA
Date de sortie : 10 septembre 2025
Pour les inconditionnels de l’univers Conjuring et de ses multiples spin-offs, c’est l’occasion ultime de retrouver le mythique couple de démonologues Ed et Lorraine Warren, dans une enquête qui pourrait bien leur coûter ce qu’ils ont de plus cher.
Après une vie entière consacrée à protéger du Mal, les Warren aspirent à une retraite paisible. Mais le destin les rattrape lorsqu’une nouvelle affaire les touche de près : un démon qui, vingt ans plus tôt, avait menacé de tuer l’enfant à naître des Warren, resurgit pour achever son œuvre. Inspiré d’une histoire vraie qui a glacé la petite ville de Pittston, en Pennsylvanie, ce dernier affrontement est l’un des cas les plus sombres de leur carrière.
Si le film risque de décevoir ceux qui attendent des frissons à répétition, il reste fidèle à ce que Conjuring a su faire de mieux : rappeler que la véritable terreur n’est pas toujours surnaturelle, mais profondément humaine. Ici, moins de monstres surgissant de l’ombre, l’horreur réside avant tout dans la peur viscérale de voir ses proches emportés par les ténèbres. Pour profiter pleinement de ce dernier opus, il est donc important de se replonger dans l’esprit des précédents films.
Les deux premiers films, signés James Wan, s’étaient distingués par l’inventivité visuelle du jeune réalisateur, par son art ludique avec les codes du genre. Lorsque Michael Chaves a pris la relève, la mise en scène s’est faite plus balisée. La recette qui a bâti le succès de la saga reste toutefois au rendez-vous : cette fameuse entrée dans la maison à travers un travelling qui en dévoile chaque recoin, la construction d’un suspense en crescendo et un refus de s’en remettre uniquement à des jump scares convenus. Ce dernier film ne fait pas exception. Il est efficace, mais peut-être sans la fulgurance des débuts.
Mais au-delà des démons, la grande force de Conjuring reste d’avoir créé un univers paradoxalement réconfortant. Film après film, on a suivi Ed et Lorraine Warren dans leurs affrontements contre le Mal, mais surtout dans leur histoire d’amour, dans cette complicité indéfectible.
C’est ainsi que se clôt une saga qui a su donner une âme à un genre trop souvent réduit à une mécanique de sursauts faciles. L’Heure du Jugement n’est sans doute pas le plus effrayant des volets, mais il en est l’un des plus touchants, car il nous fait dire adieu à tout ce qui a rendu la franchise unique : la cravate d’Ed toujours assortie à la tenue de Lorraine, ses faux airs d’Elvis Presley entre deux exorcismes pour divertir les familles, les acolytes qui préféraient croire à un courant d’air, mais surtout à une galerie de personnages qui a apporté une profondeur unique au cinéma de l’horreur.
Une fin en forme de révérence, qui rappelle que Conjuring est avant tout une grande histoire de famille et que c’est précisément là qu’a toujours résidé sa magie.
