Chaque soir à onze heures par Simon et Benyamina

chaque soir à onze heures

scénario : Eddy Simon
dessin : Camille Benyamina
éditions : Casterman
sortie : 29 avril 2015
genre : Franco-belge

Après Violette Nozière vilaine chérie, le tandem Camille Benyamina et Eddy Simon adapte Chaque soir à onze heures, le roman à succès éponyme de Malika Ferdjoukh. Un conte graphique sur fond de mensonges et trahisons qui nous entraîne dans un Paris à la fois contemporain et fantasmé, un Paris étrange qui se pare de mystère et de romance.

Lors d’une soirée mondaine chez sa copine Fran, Willa joue durant un temps du saxophone et fait la connaissance d’un jeune homme timide, Edern. Celui-ci lui propose de former un duo avec sa petite sœur Marni qui se sent très seule depuis la mort de sa mère. Willa se rend le lendemain chez Edern et découvre une grande maison décrépie, hors du temps. Elle est très vite charmée par la petite Marni mais l’ambiance des lieux la trouble. La cadette de la famille la prend d’affection et ne tarde pas à lui avouer un secret. Dans ce décor de paradis perdu, Willa va s’attacher à cette famille endeuillée alors qu’au même moment des incidents étranges vont se multiplier.

Si les premières planches nous ont donné l’impression d’avoir affaire à une bluette petite-bourgeoise (nous n’avions pas lu le roman), il nous a fallu admettre très vite que nous faisions fausse route. Une intrigue à multiples tiroirs s’installe dès les premières recherches de l’héroïne sur l’étrange famille Fils-Alberne. Au fil des pages flotte une atmosphère pesante où des agressions suspectes se mêlent à des souvenirs lancinants. Dans cette bande dessinée au trait soigné, le joli coup de crayon de Camille Benyamina, fin et délicat, enlumine parfaitement cette histoire par son jeu sur les tons et donne une touche particulière à ses personnages. La dessinatrice instille également par moment de très belles vues de Paris.

Aux commandes scénaristiques, Eddy Simon, journaliste spécialisé dans les affaires criminelles, a eu la lourde de tâche d’adapter le roman dense de 400 pages de Malika Ferdjoukh en format BD. On imagine qu’avec les contraintes liées au genre, il a dû prendre des raccourcis narratifs car les fils de l’intrigue se dénouent un peu trop rapidement, à tel point que vers la fin on a le sentiment d’un bouclage forcé.

Malgré cette narration un peu trop condensée, Chaque soir à onze heures est un conte élégant, au charme un brin suranné, jouant assez habilement la carte de l’intrigue. Une bande dessinée qui se destine principalement à un public adolescent.

A propos Marie-Laure Soetaert 135 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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