Ce qui nous lie, ce vin qui coule dans nos veines

Ce qui nous lie

de Cédric Klapisch

Comédie dramatique

Avec Pio Marmai, Ana Girardot, François Civil, Jean-Marc Roulot, María Valverde

Sorti le 28 juin 2017

Alors que leur père vit ses derniers instants, une fratrie se retrouve : Jean, parti vivre en Australie, rejoint sa sœur Juliette et son frère Jérémie dans le vignoble parental. Après la mort du père, les frères et la sœur apprennent petit à petit et au fil des saisons à gérer l’entreprise familiale, à se redécouvrir en adultes responsables et à appréhender la suite quant à la gestion de l’héritage.

Depuis ses débuts, Cédric Klapisch s’intéresse inlassablement à des histoires de jeunes adultes qui s’émancipent ou se prennent en main, à un moment-tournant de leur vie. Dans Ce qui nous lie plus que dans ses autres films, cette question est en rapport étroit avec celle de l’héritage familial – au propre comme au figuré – et prend donc une dimension plus sentimentale, aussi liée aux racines et à ce qu’il reste de l’enfance.

Comme dans presque tous les films de vignerons – Tu seras mon fils, Saint-Amour, etc. –, le vin est inséparable du thème de la famille et des liens qui unissent celle-ci. Cédric Klapisch revendique d’ailleurs son film comme étant l’un de ses plus personnels, et également très lié au souvenir de son propre père. Nul doute que la démarche du cinéaste est sincère et que les thèmes qu’il aborde lui sont chers. Il n’en demeure pas moins que ce que le film charrie, en termes de thématiques, de développement narratif et des personnages, s’apparente à ce qui a été fait et vu mille fois dans le même type de films, voire de téléfilms.

Ce qui nous lie a beau mettre en avant des idées de cinéma – le tournage sur trois saisons, qui ne transparaît pas vraiment à l’écran, ou encore l’étirement de certaines scènes, dont une fête bien arrosée –, il ne parvient jamais à se départir d’une aura négative de film de terroir, souvent liée à des productions télévisuelles et porteuses des bonnes vieilles valeurs de la France profonde. Sans pour autant véhiculer ces valeurs patriarcales – le message du film serait plutôt de s’en débarrasser, de laisser les rênes aux jeunes et aux femmes –, il reste dans les clous d’un « feel-good movie » balisé et sans surprises, que son casting « sympa » et sa réalisation « qualité française » ne tirent pas franchement vers le haut.

Thibaut Grégoire
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Journaliste du Suricate Magazine