La Ligue d’Improvisation Professionnelle Wallonie-Bruxelles
Avec ce soir-là : Thierry Maerschalk, Antonin Descampe, Renaud Leclercq, Maïder Dechamps, Élisabeth Wautier, Laurence Katina et Pierres à la musique
Du 19 au 23 janvier 2026 au Théâtre Marni
Le 3 avril au Théâtre Mercelis
Le 4 avril au Théâtre Le Fou Rire
La Ligue d’Improvisation Professionnelle (LIP) revient avec une alternative au match d’improvisation dans laquelle six comédiennes et comédiens construisent, ensemble, sans compétition, des histoires pleines de surprises.
Tout commence par l’exposé des règles du jeu. Une invitée, en l’occurrence, Camila Moreira, co-fondatrice du quartier rural résilient d’Hulplanche en province de Namur, un projet créatif et engagé qui mêle culture, artisanat et réflexion autour de nos manières de produire et de consommer (voir : hulplanche.be), se voit proposer une série de mots par le public. A partir du mot retenu, elle narre une anecdote qui servira de base au spectacle de 70 minutes créé par six improvisateurs et qui n’existera que ce soir et uniquement pour le public présent. Big Bang s’inspire d’Armando, un concept de spectacle improvisé créé par l’Américain Armando Diaz, professeur d’improvisation à New York, déjà utilisé par la LIP.
Le mot retenu est anniversaire. Camila explique donc que, maman de deux filles de 12 et 6 ans qui présentent une série impressionnante d’allergies alimentaires, elle cherche toujours à remplir son rôle de super maman. A l’occasion de l’anniversaire de la classe, elle cherche une recette de gâteau sans lait, sans œufs, sans gluten et sans soja. Et la veille de la fête, elle se met aux fourneaux pour un résultat catastrophique qui ne ressemble en rien à la photo de la recette.
Six comédiennes et comédiens, épaulés par un musicien, s’emparent de la scène et enchaînent des improvisations différentes où des personnages se rencontrent, des histoires se croisent, les univers se succèdent créant des situations cocasses, surprenantes ou étranges. Une femme prépare une table les yeux rivés sur un écran où un blogueur trouve tout hyper simple. Un homme se lamente que personne n’est venu à son anniversaire, comme chaque année. Quevin (non cela ne s’écrit pas Kevin) est un gamin irrascible qui a tendance à insupporter sa mère. Un couple s’apprête à recevoir les parents de la femme alors que le dernier dîner s’est terminé aux urgences pour cause d’allergie…

La LIP (Ligue d’Improvisation Professionnelle Wallonie Bruxelles) a été créée en 2012 par des comédiens qui se sont éloignés de la Ligue d’Improvisation Belge (LIB) qui faisait, dans les années 1980 à 2000, un carton au Mirano tous les dimanches soir. Selon David Macaluso, président et comédien de la LIP, cette dissidence à l’égard du canal historique est née d’une différence de vision artistique. Certains comédiens trouvaient que la compétition – le match d’impro qui reprend le décorum des matches de hockey sur glace, oppose deux équipes de six jouteurs dans une patinoire sous l’œil attentif d’un arbitre et, à la fin, le public décide qu’elle a été la meilleure équipe – prenait trop d’importance et plaidaient pour plus de théâtralité et de sincérité. Après avoir tenté, en vain, de changer l’approche de l’intérieur, ils se sont éloignés de la LIB pour créer leur propre structure.
A noter, que face à une demande croissante du public et de certains comédiennes et comédiens, la LIP est revenue au concept du match d’impro par équipes de trois, mais sans tournoi, avec un vote du public portant uniquement sur les improvisations de la représentation.
Sur scène, les comédiens et comédiennes se démènent pour présenter un échantillon de leur audace et de leur talent dans une succession de sketchs et non pas dans une seule improvisation de 70 minutes (dommage !). De plus les personnages et les situations joués dans la première partie se retrouvent tous dans la seconde, sans nécessairement de valeur ajoutée. Plus troublant, l’absence de chute, d’aboutissement, de la plupart des improvisations. Un ou une des protagonistes installe un personnage, un début d’intrigue, qui parfois s’annonce prometteur, et une partie du groupe interrompt sa prestation, dans une certaine confusion, pour passer à autre chose sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. Bref, dans un fil conducteur qui sert plus souvent de prétexte que de guide, le jeu souvent de qualité, voire drôle, des participants a du mal à émerger d’un déroulé, par moment, chaotique.
