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    Berlin Berlin aux Galeries, d’une précision comique redoutable

    On avait déjà rencontré l’humour du duo Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras avec leur pièce Silence, on tourne !, une comédie hilarante sur les coulisses d’un tournage de film. Ils sont de retour avec Berlin Berlin qui se passe cette fois dans les années 80, à la fin de la guerre froide. Au milieu des files d’attente, d’une administration absurde, du mur de Berlin et de la Stasi, un couple tente de passer à l’ouest. Pour cela, Emma s’est faite engager comme aide-soignante chez une vieille femme dont l’appartement possède un passage secret vers les caves dans lesquelles Ludwig, son petit ami, va percer les murs qui leur permettront de passer sous le mur. Mais tout est beaucoup plus compliqué que ça en a l’air ! Le fils de la vieille femme est un policier de la Stasi qui tombe amoureux d’Emma et le voisin n’est rien de moins qu’un espion à la solde de l’ouest.

    Pour reprendre ce succès parisien (Molière de la meilleure comédie 2022), il faut, au Théâtre des Galeries, mettre les petits plats dans les grands et ce n’est pas rien de dire que la mission est remplie. Si le spectacle est évidemment bien servi par le texte d’Haudecoeur et Sibleyras, d’une précision comique dévastatrice, l’équipe belge a aussi bien travaillé. La première chose qui saute aux yeux, c’est le décor (et les costumes), immersif et digne des plus beaux décors vus au Galeries ces dernières années (Misery, Sur la route de Madison, etc.). Et petit spoiler (déjà découvert dans les photos et la bande-annonce), pour le même prix, on a droit à deux superbes décors, le lieux changeant après l’entracte.

    © Isabelle De Beir

    Mais cela ne serait pas grand-chose sans une bonne mise en scène et des comédien.nes en forme ! La mise en scène de David Leclercq est plutôt cinématographique, ce qui sied bien au thème de la pièce et le rythme insufflé est redoutable, ne permettant aucun temps mort. Du côté des interprètes, si tout le monde est parfait dans son rôle (Nicolas Buysse est hilarant en policier de la Stasi ; Juliette Manneback est pleine de caractère et de malice ; Pierre Pigeolet nous sort un mini-spectacle de music hall tordant), on ne peut pas résister de mettre en avant les partitions de Catherine Decrolier, hilarante (comme toujours) dans son rôle de Kolonel de la Stasi hyper rigide et Outhmane Moumen qui, en Ludwig, réussit ce que peu arrive à faire, c’est-à-dire, jouer l’idiot de comédie (un type de rôle auquel il ne nous avait pas vraiment habitués) sans jamais sombrer dans la caricature.

    Ce qui est finalement à l’image de ce spectacle : on sait que ça va être complètement dingue, mais ça ne sombre jamais dans le ridicule ou la bêtise. C’est le résultat de l’alchimie de tout le monde (décors, costumes, mise en scène et interprétation) au service d’un texte dont la précision et l’efficacité comique de ses auteurs est devenu en deux pièces leur marque de fabrique.

    Loïc Smars
    Loïc Smarshttp://www.lesuricate.org
    Fondateur, rédacteur en chef et responsable scènes du Suricate Magazine

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    De Patrick Haudecoeur et Gérald SibleyrasMise en scène de David LeclercqAvec Allan Bertin, Nicolas Buysse, Catherine Decrolier, Juliette Manneback, Othmane Moumen, Benoit Pauwels, Stéphane Pirard et Pierre Pigeolet.Du 17 septembre au 12 octobre 2025Au Théâtre des Galeries On avait déjà rencontré l'humour du duo Patrick Haudecoeur et Gérald Sibleyras avec leur pièce Silence,...Berlin Berlin aux Galeries, d'une précision comique redoutable