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    Beau comme tu changes, un album séducteur

    Pour cette deuxième publication chez Casterman, Joseph Kai nous propose un album aux couleurs de l’arc-en-ciel dans lequel cet auteur libanais aborde ses sujets de prédilection : l’homosexualité et l’exil.

    Beau comme tu changes, dans les thèmes qu’il aborde, pourrait se présenter comme la suite du travail entamé avec L’Intranquille. Dans le premier album de l’auteur, on découvrait la violence avec laquelle les milieux queer libanais doivent composer au quotidien. Joseph Kai y mêlait les bombes aux insultes dans une explosion de couleurs. Dans Beau comme tu changes, on suit les difficultés de Nour – à nouveau un prénom mixte – à assumer ses sentiments dans un milieu homosexuel et à endosser le rôle d’étranger.

    Nour peut compter sur la présence de Kenza qui rencontre un peu les mêmes questionnements. Elle aussi n’est pas née en France. Et de ce fait, elle a du mal à composer avec l’idée de « vivre dans un pays qui finance son effacement », c’est-à-dire l’effacement de son peuple. Alors que Nour fait la rencontre, en rave, d’une personne qui pourrait menacer la stabilité de son couple, Kenza, elle, souffre de sa séparation avec Mona dont les problèmes de toxicomanie devenaient trop ingérables. Le cœur en berne et l’identité en crise, les deux amis s’aident à faire front.

    Les thématiques que l’album aborde sont, bien sûr, engageantes. Mais c’est avant tout, son univers graphique qui nous séduit. Des traits orangés, des dégradés de mauve et de jaune, des touches fluorescentes. Les couleurs de l’auteur attirent notre regard comme un objet qui brille. De toute évidence, Joseph Kai sait soigner la présentation. Et son dessin qu’il maquille de couleurs fait assez bien écho à son propos, et tout particulièrement au monde du drag qu’il évoque brièvement.

    Si le résultat est agréable à regarder, et le discours nécessaire, on peut tout de même reprocher à Beau comme tu changes de rester parfois un peu en surface. Son histoire manque, à certains égards de profondeur, et ce, malgré l’habileté que possède l’auteur à reproduire les codes langagiers des communautés dont il parle. Si on ne s’attache pas particulièrement aux personnages et aux problèmes qu’ils traversent, c’est moins à cause de l’écriture que du dessin. D’une case à l’autre, la bouche et les yeux restent les mêmes comme figés dans une pause éternelle qui peine à véhiculer les émotions. Pourtant, c’est un livre qui fait des émotions l’un des sujets principaux. Joseph Kai aurait gagné à travailler les finitions, même si son Beau comme tu changes reste une œuvre à la fois très séduisante et militante.

    Cheyenne Quévy
    Cheyenne Quévy
    Responsable littérature

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    Beau comme tu changesScénario : Joseph KaiDessin : Joseph KaiÉditeur : CastermanDate de parution : 26 aout 2026Genre : Roman graphique Pour cette deuxième publication chez Casterman, Joseph Kai nous propose un album aux couleurs de l’arc-en-ciel dans lequel cet auteur libanais aborde ses sujets de prédilection :...Beau comme tu changes, un album séducteur