
Barrio Negro
Scénario : José-Louis Bocquet
Dessin : Javi Rey
Éditeur : Dargaud
Date de parution : 06 février 2026
Genre : Roman graphique
Depuis quelques années, les éditions Dargaud ont entamé la publication dans la collection Simenon, de magnifiques adaptations des romans durs de l’écrivain. Après Les clients d’Avrenos, La neige était sale, Le passager du Polarlys et La maison du canal c’est à présent Barrio Negro qui est adapté en bande dessinée par José-Louis Bocquet (auteur des deux derniers ouvrages précités) et Javi Rey. Un récit qui nous entraîne hors d’Europe et nous confronte au racisme et aux préjugés de l’entre-deux-guerres.
Un jeune couple, Germaine et Joseph, se marie à Amiens. En quête d’une vie meilleure à l’étranger, ils partent en Équateur, Joseph ayant accepté la place de directeur de la Société Anonyme des Mines de l’Équateur, la SAME. Quinze jours de traversée et ils accostent à Panama, en attente d’une lettre de crédit pour rejoindre Guayaquil. Cette lettre n’arrivera pas. L’entreprise est en faillite. Le voyage s’arrête là. À Panama, avec ses codes, ses castes, les Européens et les Américains blonds d’un côté, et les communautés africaine et antillaise venues construire le canal, de l’autre. Un incident de parcours qui les poussera à faire des choix diamétralement opposés, et à révéler leur vraie nature.
A travers le destin de deux protagonistes qu’en fin de compte tout oppose, Barrio Negro montre avec une grande acuité comment le filtre des conventions sociales et les préjugés de classe et de race peuvent pousser deux individus apparemment du même milieu dans des situations totalement différentes. Germaine qui suit les conventions sociales, s’adapte mais reste enfermée dans son milieu d’origine et d’autre part Joseph, qui certes perd pied dans un premier temps et n’applique pas les coutumes et usages de son milieu social, mais finalement, arrive à se fondre dans la population locale.
Un roman qui souligne la violence et le mépris de la société coloniale pour tout ce qu’elle considère comme étranger – et paradoxalement, même entre blancs – mais qui démontre également que lâcher prise et oser aller à l’encontre des conventions apporte des perspectives nouvelles et également une certaine forme de liberté.
