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    [Avignon OFF 2025] Roberto Zucco : chemin de croix pour un tueur

    Roberto Zucco est une pièce écrite en 1988 par Bernard-Marie Koltès qui s’inspire du tueur en série italien Roberto Succo qui a sévi dans les années 80. A l’époque, la pièce fait scandale, car elle utilise des événements tragiques récents pour en faire une pièce violente. En 2025, l’histoire de Roberto Zucco traîne toujours et c’est cette fois-ci la compagnie Le collectif 13, créé en 2018, qui reprend le flambeau de l’histoire.

    Démarrons directement par souligner le talent des comédiens et comédiennes qui performent avec brio tous ces personnages. Il y a d’abord Roberto Zucco terrifiant et fascinant à la fois, puis la mère, la jeune fille, le grand frère, la grande sœur et les policiers, dommage collatéraux qu’on se plaît à suivre… Ce qui pourrait être reproché, ce qui chatouille un peu, c’est un manque de subtilité dans la manière dont les émotions sont jouées. D’aucuns diront question de goût, moi, je dis que lorsque le texte et l’histoire sont déjà si forts, tamiser l’expression des émotions permet au spectateur de respirer. Ainsi, place à des monologues déclamés par des corps en souffrance, des visages tirés et tiraillés, le poids du monde et de la tragédie tirent les traits et nous avec. 

    Du côté de la mise en scène, de jolies trouvailles comme ces policiers qui, discrètement se font passer pour les vigiles du théâtre, qui nous invitent à rentrer, à s’installer et à profiter du concert avant qu’on ne les retrouve en scène. Lumière rouge et fumée, des gens qui dansent et deux musiciens. Devant, deux personnes dansent avec beaucoup d’aisance, trop d’aisance même, bien sûr, ce sont des comédiens. Toute la pièce est parsemée de ces petites surprises qui font plaisir et qui actualisent l’œuvre.

    Pour finir, il faut absolument mettre en lumière le groupe BiVio, avec Natalia Bakalov et Martin Sevrin sur scène. Leur présence est la bonne idée et le supplément d’âme qu’il faut. S’il n’y a qu’un mot à attribuer à leur performance, c’est sublime.

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