Texte et mise en scène Christine Delmotte-Weber
Avec Robin Bonenfant, Jérémie Petrus, Stéphanie Van Vyve
Du 5 au 26 juillet 2025 à 20h15
Relâches les 7, 14 et 21 juillet.
Au Théâtre Episcène
Alexandra Kollontaï, pour le sujet qui nous intéresse ici, est considérée comme une pionnière du polyamour. Elle a réfléchi et décortiqué les rapports amoureux à travers le prisme du féminisme et de la lutte des classes ce qui a fait émerger le concept d’amour-camaraderie ce qui préfigure le concept du polyamour tel qu’il est réfléchi de nos jours. Le polyamour se base sur trois principes : égalité des rapports mutuels, absence de possessivité et l’empathie et le souci de l’autre réciproque.
Samuel est polyamoureux et en couple avec Julia qui entamera une relation amoureuse avec Alix qui , elle, n’a jamais entendu parler du polyamour. Dans cette fameuse Cabane, Samuel veut vivre son utopie, habiter un autre monde, il commence par l’habiter avec Julia et Alix. Se pose alors les questions de dynamique et de rapport de pouvoir, de qui influence qui, etc. Autant de questions délicates que l’écriture de Christine Delmotte-Weber met brillamment en lumière.
Aussi, de façon très intelligente, et sûrement pour appuyer le fait que dans l’expérience du polyamour il y a une dimension éminemment politique, la marionnette d’Alexandra Kollontaï habite la pièce tout du long. Pour parfaire le plaisir, il y a l’alchimie prodigieuse entre les deux comédiennes et le comédien qui finit de nous achever et de nous toucher. Certes, il y a quelques choix de mise en scène qui laisse perplexe, mais si peu par rapport à la force du sujet et la pertinence de son traitement.
C’est un autre possible amoureux que nous propose cette pièce. Une autre manière de relationner, d’être à l’autre et au monde, avec plus de justesse et de justice. Et nous sommes invités à voir à quel point cela demande de l’engagement, de la compréhension et de la tendresse. C’est cela qui ressort de la pièce. Il n’est pas question d’observer comme dans un laboratoire la vie et la mort de ce trio amoureux, il s’agit de poser un œil sensible sur ce qu’il vit et de se laisser traverser. Si pas polyamoureux, on ressort de La Cabane d’Alexandra Kollontaï avec le goût d’explorer nos amours et d’y apporter plus de soin et d’attention.
