[Avignon OFF 2022] Vole Eddie, vole ! au Théâtre Buffon

© Fabienne Rappeneau

De Léonard Prain, mise en scène de Sophie Accard, avec Benjamin Lhommas, Sophie Accard, Léonard Prain. Au Théâtre Buffon à 12h50 du 7 au 30 juillet (relâches les 13, 20 et 27 juillet).

Leonard Prain, pour sa première écriture, décide de s’attaquer au personnage insolite de Michael Edwards, remis sur le devant de la scène après la sortie du film Eddie the eagle de Dexter Fletcher. Michael Edwards est né à Cheltenham en 1963 et a depuis tout petit le rêve de participer aux Jeux Olympique d’Hiver. Après n’avoir pas réussi à percer dans le ski alpin, il décide de se tourner vers la seule discipline où les anglais ne sont pas représentés : la saut à ski. Mais comment arriver à réaliser son rêve quand on vient d’un pays où il n’y pas de montagnes enneigées, quand on a rien d’un champion olympique, qu’on est trop lourd pour la discipline, qu’on a de gros problèmes de vue et surtout, que l’on veut participer à un des sports les plus dangereux et qui réclament des années d’entraînement ?

Vole Eddie, vole !, histoire d’un looser magnifique, est un vrai défi à réaliser au théâtre afin de pouvoir retranscrire la tension des hauteurs propre à ce sport dangereux consistant à sauter à skis à partir d’un tremplin perché à 70 ou 90m de haut. Mais comme pour les rêves d’Eddie, il ne faut pas sous-estimer les possibilités créatives de passionnés. A l’aide de petites trouvailles scénographiques, les membres de la Compagnie C’est-pas-du-jeu, symbolisent les tremplins et les sportifs grâce à des miniatures, les skis grâce à un banc multi-usages ou encore les décors intérieurs et la montagne grâce à une structure en bois modulable. Pour plonger le spectateur dans l’ambiance de l’époque, un travail a aussi été effectuée sur les costumes et accessoires d’époque : vieilles captations audios et visuelles, vêtements eighties, mobilier rétro, etc.

Pour faire vivre cet univers, Benjamin Lhommas interprète sobrement un Michael Edwards plus vrai que nature tandis que Sophie Accard et Léonard Prain se chargent des autres rôles avec un cachet humoristique supplémentaire. Réaliser une pièce biographique est toujours difficile, tant on a tendance à parfois se contenter de la grandeur de son sujet. Pourtant, quand c’est excellement excécuté, ce genre de spectacle est un véritable plaisir pour le public.

P.S. : n’oubliez pas la petite surprise à la fin !

A propos Loïc Smars 421 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine