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    Anámesa : le deuil comme point de départ 

    Anámesa : le deuil comme point de départ 

    Ils sont quatre basés à Bruxelles et ils n’ont sorti qu’une live session. Mais Anámesa, donne l’impression d’être là depuis longtemps. Six ans de travail à l’abris des regards qui donne rock progressif sûr de lui. 

    Alexandre, Matthieu, Théo et Nicolas propose un projet instructif. Le point de départ ? Le deuil. Alexandre chanteur et guitariste, à perdu son père. Et plutôt que de lui écrire une lettre, il a formé un groupe. 

    Live session :

    Avoir un projet si intime, est-ce que c’était pas un peu une prise de risque? 

    Non. Au contraire. Je crois même que ce sujet, le deuil, c’est ce qui nous a rapprochés. C’est quelque chose qui touche tout le monde, même si on n’a pas tous perdu un père. Et ce qui est dingue, c’est que quand on joue, il y a une forme d’amour, de l’amour du père, qui passe à travers la musique. C’est peut-être ça qui rend le projet aussi fort. La dernière fois, je me suis dit : « ça pue l’amour, ça transpire l’amour ». En tant qu’artiste, c’est tout ce qu’il nous faut. 

    Quel est le fil conducteur de ce premier projet? 

    L’idée, c’était que chaque chanson ait son univers propre, que chaque morceau raconte une histoire différente. 

    Vous visez “l’authenticité” ?

    Ouais, complètement. C’est un truc vrai, viscéral. Même si c’est pas parfait, tant qu’il y a des tripes, c’est légitime. C’est juste la volonté d’exister.  Théo (en riant) : Oui enfin, c’est quand même mieux si c’est bien aussi !  On se prend grave la tête pour que ça tienne la route. On est les premiers clients de notre musique. C’est important pour nous d’être satisfaits. En tant qu’artiste, tu produis rarement exactement ce que tu veux, mais là, on a trouvé une formule qui nous parle vraiment. 

    Vous dites que vous partez d’une émotion. Concrètement, comment naît une chanson chez Anámesa

    Alexandre: On ne commence jamais par dire : « tiens, on va faire un morceau rock ». On parle d’abord. On vide un truc. Et souvent, c’est cette conversation qui déclenche tout le reste. Chez nous les paroles ont aussi un place primordial. On part de mes textes. 

    Six ans pour préparer ce projet. Et deux ans et demi avant de se lancer sur scène. Comment avez-vous senti que c’était le bon moment ?  On a un peu forcé les choses. Il y avait un concert prévu par Bandz & Tanks. Ils ont lancé l’invitation et on s’est dit : « C’est dans un mois et demi, soyons prêts. » Et ça a tout accéléré. Le projet devenait concret. On avait enfin un objectif pas juste une idée vague. Un vrai événement qui oblige à se mobiliser. 

    Vous avez l’impression que c’est votre manière de fonctionner maintenant ? 

    Les objectifs sont devenus notre moteur. Pendant six ans, on n’en avait pas vraiment. Et c’est vrai que dans ce monde où tout doit aller vite, ça peut paraître bizarre. On a souvent eu des remarques du genre : « Mais vous faites quoi en fait ? » Mais on avait besoin de ce temps pour bâtir quelque chose de solide, de durable. Aujourd’hui, on peut aller plus vite, on est plus efficaces. Mais c’est parce qu’on a pris ce temps de réflexion. Maintenant, on a une matière dense, qu’on a façonnée à notre manière. Et ça, ça résiste aux commentaires extérieurs.

    Alexandre, tu dis aussi que tu refuse l’idée de “produire un spectacle”? 

    Oui. Je veux proposer un moment de communion. Le deuil, c’est pas que la mort d’un père. C’est la fin d’un chapitre. La fin d’une relation, d’une période, d’un cycle. Et j’aimerais que le public ressente ça aussi.

    Leurs liens : https://linktr.ee/anamesa_band

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