Vendredi soir, à Reggae Geel, Alpha Blondy fait de la première journée du festival belge une véritable tribune politique. À 72 ans, la légende ivoirienne du reggae a livré le set le plus politiquement engagé de la soirée. En plein milieu de son concert, il s’interrompt, micro serré et lance d’une voix puissante « Nous voulons la paix » citant successivement la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, le Soudan et l’Ukraine, avant de conclure sur l’urgence d’une paix entre Israël et la Palestine. La foule répond immédiatement avec un tonnerre d’applaudissements. Dans la fosse, un festivalier hurle : « Ça, c’est la voix du peuple ! ». Alpha Blondy poursuit son plaidoyer. Le regard grave et micro serré il interpelle directement les Nations Unies à agir au Moyen-Orient.
« Combien de générations d’enfants palestiniens, combien de générations d’enfants israéliens allons-nous devoir sacrifier pour que les Nations Unies mettent fin à ce bain de sang ? C’est une honte. C’est une honte divine. »
Dans la foulée, il enchaîne avec Peace in Liberia, et le site de Reggae Geel se transforme en chorale géante. Son concert d’une heure alterne hymnes incontournables et brûlots politiques. Il ouvre avec Jérusalem, avant de ressusciter Multipartisme (1992), titre qui dénonçait les dangers du tribalisme à la fin de l’ère Félix Houphouët-Boigny en Côte-d’Ivoire. Après plus de 40 ans de carrière, Alpha Blondy reste fidèle à sa mission avec un reggae qui fait danser mais surtout réfléchir encore et toujours au service de la paix.
Extrait du discours :
