Afropolitan Comics, de l’Afrique du Sud au continent, images en conversation

Cette semaine, les médias ont annoncé la mort de l’acteur Chadwick Boseman, interprète de Black Panther, premier héros Marvel noir. Dans un monde où les principales figures en lesquelles se référer sont blanches, on peut dès lors féliciter Stan Lee d’avoir donné vie à un personnage non-caucasien. Même si DC et Marvel restent des poids lourds de la galaxie Comics, la curiosité et la raison devraient nous pousser vers d’autres horizons, à la recherche d’une plus grande diversité. Car les hiérarchies ethniques, culturelles ou genrées sont belle et bien présentes dans la production de masse, ethnocentrisme qui se reflète également dans la mise en avant des dessinateurs eux-mêmes.

Une initiative pour plus de diversité

Nous aurions beaucoup de difficulté à citer de tête de grandes figures culturelles, des artistes ou dessinateurs africains ou afro-américains, mais ceux-ci existent. Et c’est pour mettre en avant ceux-ci que l’Institut français d’Afrique du Sud et la Cité internationale de la Bande dessinée et de l’image d’Angoulême ont monté l’exposition Afropolitan Comics, à voir en ligne sur le site de l’exposition.

Elle se divise en trois parties ; “Autobiographie”, “Héros et histoire” et “Folklore et futur”.  Dans chacune d’elle, le visiteur découvre des planches accompagnées de textes courts ainsi que des vidéos d’interviews. C’est à la fois un dialogue avec le visiteur mais aussi entre l’Afrique du Sud et le reste du continent. Le dialogue est succinct mais riche, invite à l’approfondissement des rapports et met également en exergue un sentiment fort de se raconter et de s’exposer. C’est le miroir d’une Afrique moderne, créative et envieuse de partager son patrimoine, ses légendes, son passé et aussi son présent.

Tranquillement, de chez soi, Afropolitan Comics nous donne donc l’opportunité de se laisser tenter par d’autres horizons et de se construire une multiculturalité artistique bienvenue. Car l’art peut être fédérateur sans estomper les différences, sans aplanir les spécificités ; la bande dessinée est chère à la Belgique, c’est une occasion de la fêter et de lui rendre hommage, peu importe le continent sur lequel elle opère.

A propos Elodie Kempenaer 109 Articles
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