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    Academic Love ou l’art de tomber amoureux de son rival

    Jodie McAlister est universitaire, chercheuse et romancière d’origine australienne. Ce n’est donc sans doute pas un hasard si son domaine professionnel devient également le terrain de prédilection de sa romance Academic Love. Une romance qui fleure bon le rivals to lovers, avec ce petit quelque chose des romcoms universitaires qu’on aime tant. Avec une particularité, cette fois-ci : ce ne sont pas les étudiants, mais bien les professeurs que Cupidon vient frapper de plein fouet.

    Il était une fois… « Je n’ai pas pu te blairer depuis le début »

    Sadie et Jonah ne peuvent pas se supporter depuis aussi loin qu’ils s’en souviennent. Tout a commencé dès la première phrase, le premier regard, la première interaction. Lui, cet étudiant aisé, fils d’un professeur d’université. Elle, cette étudiante boursière et orpheline, avec pour seul repère une sœur qui aurait mis le feu au monde si elle n’avait pas pu, elle aussi, avoir accès à l’université.

    L’ironie du sort est même allée jusqu’à les maintenir sur les mêmes bancs de l’école, longtemps, beaucoup trop longtemps. Ces deux-là ont choisi la même spécialisation : la littérature. Ce serait presque drôle si ce n’était pas aussi horripilant. Rendez-vous compte : ils doivent même parfois coanimer des séances de travaux avec leurs étudiants. Une véritable arène dans laquelle chacun défend ses arguments jusqu’à la mort.

    Mais le monde de la recherche universitaire est un terrain aussi féroce que précaire. Et parfois, un ennemi commun peut amener deux adversaires à devoir collaborer. Pour le pire… comme le meilleur.

    Quand la fiction rencontre l’expérience

    Dans son œuvre, Jodi McAlister couche sur le papier la complexité, la dureté et les paradoxes de celles et ceux qui souhaitent faire de leur vie une carrière universitaire. À l’instar de sa célèbre « consœur » Ali Hazelwood, elle partage toutes deux une carrière d’écrivaine, mais aussi une expérience des milieux très fermés, sélectifs et souvent extrêmement précaires de la recherche universitaire.

    Dans l’ouvrage, on ressent une volonté de dénoncer des statuts d’engagement parfois à la limite de l’exploitation, la course à la titularisation, qui provoque une concurrence sciemment entretenue par le milieu entre les différents candidats, mais aussi et de manière plus intime, une envie d’aller à l’encontre des préjugés qui entourent la romance en tant que genre littéraire. Et sur ce point, l’autrice nous tend clairement une perche.

    Sadie enseigne la littérature, mais elle a aussi un cheval de bataille très personnel : donner au genre populaire ses lettres de noblesse. Jonah, de son côté, s’est spécialisé dans la littérature élisabéthaine et, plus particulièrement, dans l’œuvre de Shakespeare. Ces deux-là divergent donc profondément dans leurs approches professionnelles. Mais derrière leurs débats respectifs se dessine surtout une prise de position de l’autrice sur le genre qu’elle se plaît elle-même à écrire.

    C’est un contrepied intéressant, qui ouvre véritablement le débat et permet de se poser une question finalement assez simple : la romance rime-t-elle automatiquement avec littérature de seconde zone ?

    Après tout, Roméo et Juliette est à la fois un classique de la littérature et l’une des histoires d’amour les plus populaires qui soient. Est-il réellement si différent de certains ouvrages contemporains qui racontent, eux aussi, les mêmes attachements, les mêmes désirs et les mêmes tourments ? La littérature est-elle snob par essence, ou bien est-elle encore enchaînée à un conservatisme désuet qu’il serait grand temps de venir décoincer à coups de pied-de-biche ?

    Toujours est-il qu’au-delà de l’histoire d’amour, cet ouvrage pose cette question tout en abordant une certaine forme de légèreté teintée de gravité, tant existentielle que professionnelle. Sadie et Jonah sont, par essence, des êtres différents. L’amour ne devrait jamais frapper à leurs portes respectives. Et pourtant, parfois, c’est précisément de la différence que naissent la meilleure complémentarité, la plus belle adéquation et, peut-être surtout, la meilleure acceptation de l’autre.

    Ils ne cherchent pas à faire entrer l’autre dans un moule qu’ils auraient préalablement imaginé. Ils connaissent leurs défauts, parfois mieux qu’ils ne le voudraient, et c’est justement cela qui forge leur relation. Leur amour ne se construit pas sur l’autel du fantasme, mais sur celui du quotidien, du réalisme et, peut-être surtout, d’une réelle sincérité.

    Et c’est sans doute là que Academic Love trouve sa plus jolie résonance : derrière les rivalités, les joutes verbales et les différences de parcours, il y a deux personnes qui apprennent progressivement à regarder l’autre tel qu’il est, plutôt que tel qu’elles auraient voulu qu’il soit.

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    Titre : Academic LoveAuteur.ice : Jodi McAlisterEditeur: HautevilleDate de parution : 26 août 2026Genre du livre : Roman Jodie McAlister est universitaire, chercheuse et romancière d’origine australienne. Ce n’est donc sans doute pas un hasard si son domaine professionnel devient également le terrain de prédilection de sa romance Academic...Academic Love ou l’art de tomber amoureux de son rival