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    A deux pas du Paradis, paillettes en panique

    New Bethléem, avec son statut de paradis des milliardaires, où se pratique le culte de l’argent avec une ferveur presque christique, n’est pas le genre d’endroit qui se prête au scandale. Tout le monde s’accordera pour le dire : ce petit lieu d’entre-soi est une forteresse bien gardée par ses habitants qui, pour la plupart, sont relativement connus. Alors, quand Devon et Belle décident d’organiser une petite sauterie libertine digne de la marquise de Merteuil, c’est-à-dire sans pudeur mais avec élégance s’il vous plaît, les deux copines ignorent qu’elles s’apprêtent à perturber l’ordre de cette ville en apparence si tranquille.

    On connaît James Frey pour son œuvre prolifique et pour sa capacité à tordre la réalité si cela peut lui permettre de mieux vendre ses livres. Et l’écriture de James Frey est tout à fait à l’image du personnage : une écriture travaillée pour séduire le public. Un objet commercialisable parfait. Le récit qu’il nous promet est aussi alléchant que sa plume est efficace. James Frey nous embarque dans un monde en façade qu’il décrit avec un cynisme délicieux. New Bethléem concentre une grande quantité de piscines, de banques, de villas à la superficie indécente et au système de sécurité ultra-performant, d’écoles privées et de country-clubs, le tout mis à disposition d’une élite déconnectée qui ne possède plus la moindre once de retenue.

    À Deux pas du Paradis se dévore donc avec une certaine curiosité voyeuriste. Son auteur a bien compris la fascination que peut susciter le monde des ultra-riches et il en joue. Mais si À deux pas du Paradis est un page-turner efficace, il présente quand même quelques légers défauts. D’abord, le moment phare du récit, qui est annoncé dès les premières pages, n’est exploité que très tardivement. Et ce choix aura pour conséquence un dénouement peut-être trop rapide et, qui plus est, un peu attendu malgré les efforts de l’auteur pour noyer le poisson. À certains égards, l’écriture de James Frey est un autre aspect qui peut déplaire. Si sa fluidité et son caractère satirique ne manqueront pas de séduire, l’usage des répétitions, comme pour appuyer certains passages ou émotions, peut parfois alourdir son texte. Mais À deux pas du Paradis, avec sa couverture en bordure de piscine, est un roman estival. Un polar réjouissant, avec ce qu’il faut de rebondissements et d’immoralité, qui s’emporte facilement en vacances.

    Cheyenne Quévy
    Cheyenne Quévy
    Responsable littérature

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    Titre : A deux pas du ParadisAuteur : James FreyÉditeur : FlammarionDate de parution : 6 mai 2026Genre : Roman New Bethléem, avec son statut de paradis des milliardaires, où se pratique le culte de l’argent avec une ferveur presque christique, n’est pas le genre d’endroit qui se prête au...A deux pas du Paradis, paillettes en panique