
Frankenstein
Réalisateur : Guillermo Del Toro
Genre : Horreur, drame, science-fiction
Acteurs et actrices : Oscar Isaac, Jacob Elordi, Mia Goth
Nationalité : USA, Mexique
Date de sortie : 7 novembre 2025
Sorti le 7 novembre sur Netflix, Frankenstein est un grand bijou du petit écran. On vous explique pourquoi.
De quoi ça parle ?
XIXème siècle. Victor Frankenstein, médecin hantée par l’idée de défier la mort, tente de créer un homme de toute pièce. Mais très vite, ses obsessions tournent à la folie.
Des thèmes chers au réalisateur
Il aura fallu de nombreuses années pour que Guillermo Del Toro puisse enfin réaliser son rêve de gosse : un film sur l’un des monstres les plus connus de la littérature. Et comment ne pas percevoir l’évidence tant l’œuvre initiale colle au reste de la filmographie du cinéaste mexicain ? Violences des hommes face à l’innocence juvénile (Le Labyrinthe de Pan, L’échine du Diable), poésie lyrique, grotesque gothique (Crimson Peak), monstres (presque) gentils (La forme de l’eau), ambitions proches de la folie (Nightmare Alley)… Tout y est !
Son univers onirique offre également un contraste saisissant avec l’austère boom scientifique dans lequel le film s’inscrit. A la fable gothique fantasque et bigarrée se confronte ainsi la froideur d’une science déshumanisée. Un propos résolument dans l’air du temps !

Une véritable déclaration d’amour aux métiers du cinéma
Alors qu’il s’est fermement opposé à l’utilisation de l’IA dans ces films, le réalisateur témoigne ici d’un véritable travail d’orfèvre, alliant habilement maquillages, maquettes, décors réels et CGI. Et que dire des somptueux costumes créés par Kate Hawley ?

Les tenues d’Elisabeth sont inspirés des insectes dont le personnage est passionné (pour en savoir plus, on vous conseille le Making-of du film également disponible sur Netflix).
Sa palette de couleur contraste fortement avec le pragmatisme scientifique des hommes qui l’entourent.
Très impliqué dans l’ensemble de la création, la patte de Del Toro est partout. Une production artisanale comme on n’en fait (presque) plus aujourd’hui… et qui nous fait regretter de ne pas avoir vu le film au cinéma !
Une réécriture qui rend hommage au roman de Mary Shelley
Maintes fois adaptée, Frankenstein reste une œuvre intemporelle.
Tandis que l’adaptation la plus connue (celle de James Whale en 1931) ancrait dans notre inconscient collectif une créature monstrueuse et dénuée d’intelligence, Del Toro, sans renier cet héritage, se rapproche plus du propos du l’autrice Mary Shelley pour nous offrir une tragédie moderne en 3 actes.
Le monstre n’est ainsi pas la créature elle-même mais bien son créateur, un homme cruel et condamné par ses obsessions. Cette vision s’écarte ainsi du film d’horreur original pour dessiner un récit plus mélancolique et poétique. Poignant !

Petit clin d’œil au film original. Del Toro s’approprie habilement l’héritage des précédentes adaptations tout en y apportant son regard.
Un casting impeccable
Mêlant acteurs établis et nouveaux talents, Frankenstein doit beaucoup à son casting.
Débarqué en catastrophe quelques semaines avant le début du tournage, Jacob Elordi réalise ainsi un travail magnifique. Son approche aussi mutique que physique humanise la créature en lui offrant une palette complexe d’émotions. Par une habile inversion des attendus, le jeu théâtral d’Oscar Isaac (docteur Victor Frankenstein) en fait un pantin mécanique, grotesque et peu attachant.
Le personnage d’Elisabeth, particulièrement étoffé par rapport aux autres adaptations, complète à merveille le duo en créant une liaison entre idéalisme et ambition. Mia Goth, nouvelle star du fantastique endosse ce rôle en toute sobriété.

Mia Goth(ique), nouvelle égérie du cinéma d’horreur et fantastique
Un film d’automne
Oubliez Gilmore Girl ! Que vous soyez un fan du roman, des nombreuses adaptations ou totalement novice, Frankenstein est le film parfait de cet automne (si vous n’êtes pas effrayé par quelques cadavres) ! A voir absolument avec une tisane, un chat sur les genoux et une couette bien chaude !
