Zazie dans le métro au Parc

De Jean Goovaerts et Miriam Youssef, d’après le roman de Raymond Queneau avec Julie Duroisin, 
Stéphane Fenocchi, 
John-John Mossoux, 
Pierre Poucet, 
Sébastien Schmit, 
François Regout, 
Luc Van Grunderbeeck, 
Jean-François Rossion

Du jeudi 20 avril 2017 au samedi 20 mai 2017 au Théâtre Royal du Parc

Après Zazie pas vraiment dans le métro et Zazie au cinéma (même si c’était moche), voici Zazie au théâtre, Zazie sur les planches, Zazie au Parc. Les personnages hauts en couleurs de l’un des grands maîtres de l’OuLiPo ne sont pas près d’avoir dit leur dernier mot, d’avoir craché leurs derniers jurons dans le français égosillé, truculent et inégalé de ce bon vieux Raymond Queneau. Sacré Raymond !

Comme toujours au Parc, il convient de commencer par souligner la grande minutie avec laquelle cette pièce a été montée. C’est dans un décor tronqué en deux dimensions et demi, comme tombé d’un ciel aux relents parigots, que les acteurs donnent vie au périple d’une petite fille confiée par sa mère à son oncle – un oncle qui n’a guère la vocation parentale. Peu à peu le décor se dévoile et invite le spectateur à s’y enfoncer (littéralement), et à se perdre dans les méandres de ses bâtiments à la perspective écrasée, sous l’œil attention et muet d’un curieux Pierrot.

L’adaptation de Miriam Youssef se veut fidèle au roman éponyme dont elle est tirée. Et l’on ne pourra pas lui reprocher d’avoir voulu conserver « l’esprit » du roman. Ceci étant, il était compliqué de rendre avec la même efficacité tout le travail de revigorisation du français présent  dans le roman, jusque dans l’orthographe des mot, une fois à l’oral. De même, si le texte de Queneau est certes grossier à sa manière, pas sûr qu’il se soit voulu aussi gueulard, induisant de ce fait une sensation surjouée à plus d’un moment. Heureusement, la pièce aménage plusieurs passages, à la manière d’interludes, très réussis, permettant au public de se recentrer entre deux scènes particulièrement vivaces. Des interludes parfois figés, parfois musicaux, mais chaque fois surprenants et originaux.

À côté de cela, de nombreux choix scéniques prouvent à maintes reprises leur efficacité ! L’ambiance générale du spectacle évoque un je-ne-sais-quoi de la nouvelle vague qui a fait les beaux jours du cinéma français ans les années soixante. Les acteurs se fondent dans leurs rôles respectifs avec un brio indiscutable. Mention spéciale à Julie Duroisin pour son interprétation de Zazie, cette petite fille mal élevée perdue dans les rues de Paris, cette forte tête qui court après les bloudjinnz, cette enfant que tous les satires du coin rêvent de se mettre sous la dent.

Ivan Sculier
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Journaliste du Suricate Magazine