The Nice Guys, l’arme fatalcoolique

the nice guys affiche

The Nice Guys

de Shane Black

Action, Comédie, Thriller

Avec Ryan Gosling, Russell Crowe, Margaret Qualley

Sorti le 15 mai 2016

Dans le Los Angeles des 70’s, Holland March (Ryan Gosling), un détective privé, enquête sur la mort d’une actrice pornographique. Il sera bientôt contraint de faire équipe avec un homme de main free-lance, Jackson Healy (Russell Crowe). Ce n’est là que le début d’une aventure qui prendra rapidement une ampleur insoupçonnée.

Après Iron man 3, Shane Black revient à une histoire de détective azimutée, qui rappelle le déjà réjouissant Kiss kiss, bang bang. Comme dans ce dernier, The Nice Guys voit son intrigue policière débuter par le vol plané d’une voiture. Ce n’est pas anodin, vu que l’auteur profite de son troisième passage derrière la caméra pour synthétiser une nouvelle fois son œuvre, et retrouver ses thèmes de prédilection. Que tous les fans de l’homme derrière les scénarios de L’Arme Fatale 1 et 2 se rassurent, il prouve, si besoin était, qu’il n’a rien perdu de son style inimitable.

Libéré des contraintes inhérentes aux blockbusters super-héroïques, le réalisateur/scénariste s’en donne à cœur joie et se permet quelques débordements orduriers jubilatoires. Ses dialogues se révèlent savoureux, peut-être un poil moins référentiels – donc plus accessibles – que d’accoutumée.

Le tout au service d’un buddy movie dynamité par des situations abracadabrantes (avec une petite pointe de justice extrajudiciaire expéditive), et par des personnages voués à surpasser leurs faiblesses pour mieux se révéler à eux-même.

Si le principe est classique, le traitement l’est beaucoup moins. Shane Black connaît les codes inhérents au genre, et se les réapproprie en leur apportant un décalage constant (voir à ce sujet comment il réinterprète la figure du privé alcoolique), qui infuse en humour un scénario intrinsèquement noir. Car s’il se dégage une tendresse qu’on imagine non feinte pour les personnages, ils se retrouvent néanmoins malmenés à de multiples reprises, ce qui offre au film un regain d’imprévisibilité, et aide à rendre les principaux protagonistes attachants. Il faut dire qu’ils sont portés par un duo d’acteurs en grande forme.

Difficile en effet de résister à l’abattage de Russell Crowe et de Ryan Gosling, d’autant qu’ils se voient adjoindre une troisième roue du carrosse surprenante, en la personne d’Angourie Rice (qui incarne la fille de March), dont l’humanisme du personnage tranche avec la violence ambiante, brutale, et souvent surprenante du film, auquel il apporte une nouvelle palette de nuances.

Niveau réalisation, on avait reproché à Kiss kiss bang bang une certaine forme de platitude. Force est de reconnaître que Shane Black a depuis musclé son jeu, lui qui livre ici quelques séquences mémorables. Si ses détracteurs risquent une nouvelle fois de ne pas adhérer totalement, et que le trait est parfois trop marqué, il n’empêche qu’il est difficile de faire la fine bouche face à ce polar jubilatoire et rythmé.

Guillaume Limatola
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Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine