Suzanne Vega: Tales from the Realm of the Queen of Pentacles

A 54 ans, l’auteure-compositrice-interprète américaine de folk/rock est de retour. Celle qui a sorti huit albums en trente ans de carrière revient sept ans après son dernier disque studio.

C’est très tôt que Suzanne Vega se découvre un talent artistique. Elle écrit des poèmes, puis compose ses premières chansons avant de se produire dans de petites salles de Greenwich Village.

Entre 1985 et 2007 sortent 7 albums qui varient du simple à l’expérimental. Du calme à l’impulsif. De l’introspectif et paroles chargées d’émotion à un style plus joyeux. Puis du folk, à la dance music, au style plus industriel, en passant par le rock alternatif et la funk.

Le grand public retiendra surtout deux titres pop issus de son second album Solitude Standing (1987) : Tom’s Diner et Luka.

En 2010, c’est la rupture. En lançant son propre label, la chanteuse travaille pour elle-même, gère ses budgets et son emploi du temps. Mais elle n’est pas totalement prête à se lancer dans l’aventure et préfère, durant quelques années, réenregistrer ses anciennes chansons plutôt qu’en écrire de nouvelles.

C’est ainsi qu’entre 2010 et 2012, la série de quatre albums Close-Up lui permet de se refamiliariser avec son œuvre. Elle réalise alors tout le travail effectué au fil des ans et y porte un regard critique. Ce bilan lui donne cette fois l’envie de se remettre à l’écriture et c’est ainsi que débute l’aventure de son dernier album Tales from The Realm of The Queen of Pentangles.

Durant une année environ, elle enregistre sur son téléphone des mélodies, des paroles, des notes, des idées. Une fois par semaine, elle retrouve son manager pour discuter et concrétiser ces chansons. Puis, avec ses musiciens, les teste sur les routes, ajustant chaque soir les paroles, les mélodies, les tempos ou les arrangements en fonction de ce qu’ils ont ressenti durant le live. I Never Wear White est par exemple élue favorite du public lors des tournées en Arkansas ou à Tokyo.

En tant que compositrice de talent, la « Mère du mp3» (son tube Tom’s Diner a été utilisé pour développer ces fichiers informatiques) ressent le besoin de se perfectionner et continue à développer sa musique au fil des ans. Cette amoureuse de technologie cherche à jongler avec les outils modernes pour composer ses chansons. Il y a de tout dans le nouvel album de Suzanne Vega. Il est semblable à ses prédécesseurs tout en étant différent.

On retrouve son style, sa voix, son éclectisme. On passe d’un style musical à l’autre avec légèreté en dix chansons souvent personnelles. On glisse facilement d’ambiances atmosphériques à un folk plus classique acoustique. On se laisse aussi porter par les histoires qu’elle raconte, des paraboles sur les mondes matériel et immatériel (Crack in the Wall explique comment vouloir trop de biens conduit à la perte et Laying on of Hands est un regard désabusé sur les temps modernes), sur le tarot (Fool’s Complaint) ou sur la Bible (Jacob and the Angel).

Le titre de l’album lui-même fait référence à la reine du monde matériel, de la fortune et des plaisirs. Dans ce dernier opus, Suzanne Vega parle aussi d’un ancien président tchèque qui l’a émue (There Is A Road (Horizon) for Vaclav Havel) et de ses expériences personnelles (Silver Bridge est l’histoire de la mort d’un proche). Elle revient aussi sur un ancien personnage dans Song of the Stoic : Luka qui aurait grandi. Comme souvent, les textes sont diversifiés si l’on sait se défaire du contexte et y apporter notre propre sens.

Pour ce dernier opus, Suzanne Vega a su s’entourer des meilleurs puisqu’elle entame une collaboration avec les musiciens qui accompagnent généralement David Bowie sur ses tournées, en particulier Gerry Leonard qui a collaboré à l’écriture de l’album. De quoi donner envie aux derniers récalcitrants de découvrir cet album.

 

Virginie Breydel
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Journaliste

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