Souterrains de Romain Baudy


scénario & dessin : Romain Baudy

éditions : Casterman

sortie : 13 septembre 2017

genre : Fantastique, science-fiction


N’y allons pas par quatre chemins : Souterrains est un bel objet. Ça se sent dès la couverture, très réussie. On se réjouit de l’avoir entre les mains et d’entamer le récit, dont la narration est portée par une ligne esthétique parfaitement maîtrisée. Des couleurs chaudes ou sombres, des contours tracés avec toute la précision nécessaire ; on sent que le dessinateur, Romain Baudy, a soigneusement peaufiné son sujet.

Côté scénario, là aussi, on ne peut que se rendre à l’évidence : Romain Baudy – toujours lui – a réfléchi à tout. Son histoire, à la fois sociale et fantastique, avec quelques ingrédients steampunk, empruntés à l’univers de la science fiction, est aussi bien goupillée que calibrée. Et puis voilà que, envers et contre tout, le récit, à la lecture, s’avère poussif. Il manque un je-ne-sais-quoi pour que la sauce prenne pour de bon. Dommage… Mais n’en restons pas là, de quoi retourne-t-il exactement ?

L’aspect social pour commencer : sur fond de marxisme, on suit le quotidien de quelques mineurs qui se plaignent de leurs patrons et de leurs conditions de travail. Bon, c’est pas Germinal, mais bosser pour un salaire minime dans les souterrains, il n’y a pas de quoi bondir de joie non plus. L’un des ouvriers soupçonne ses patrons de vouloir remplacer les humains au travail par des machines super perfectionnées : le chômage guette, la misère aussi.

Ce qui nous permet de présenter le second aspect de cet ouvrage : les influences SF et steampunk. Les méchants patrons capitalistes projetaient en effet de tester un robot travailleur pour ne plus devoir payer leur main d’œuvre. Le robot est testé lors d’une mission ultra secrète, et pour ne pas trop spoiler, contentons-nous de dire que celui-ci est bien plus balèze que C3PO, et ce, malgré un contexte technologique bien plus arriéré que celui de Tatooine.

La mission lors de laquelle le robot est testé ne va pas se dérouler comme prévu, et le robot, en compagnie de quelques mineurs, vont se retrouver coincés dans un univers souterrain, peuplé de trolls et de gnomes ; c’est le troisième et dernier aspect de la BD : ses inspirations heroic-fantasy.

Mais rassurez-vous, chers lecteurs, nous n’en dirons pas plus, afin que ceux qui, parmi vous, souhaitent partir à la découverte de Souterrains, cette BD en forme de cocktail saugrenu, puissent encore savourer le plaisir de la découverte.

Ivan Sculier
A propos Ivan Sculier 67 Articles
Journaliste du Suricate Magazine