Sourire 58 : Nostalgie quand tu nous tiens

Scénario : Patrick Weber
Dessin : Baudouin Deville
Editions : Anspach
Sortie : mars 2018
Genre : Historique

L’intrigue de Sourire 58 se déroule, comme son nom le laisse supposer, lors de l’exposition de 1958 qui s’est tenue du 17 avril au 19 octobre sur le plateau du Heysel à Bruxelles, attirant près de 41,5 millions de visiteurs. On y suit le parcours de Kathleen, hôtesse, l’un des précieux sourires de l’expo, qui est malgré elle plongée au cœur d’une affaire d’espionnage entre grandes puissances. Autour de Kathleen évoluent donc les classiques espions russes, américains, belges, ainsi qu’un journaliste du Vatican et des policiers belges. Notre « sourire 58 » arrivera-t-elle à déjouer le complot qui se trame ? C’est ce que les lecteurs découvriront au fil des pages…

Sourire 58, c’est donc l’histoire de femmes qui furent le visage chaleureux et accueillant de la Belgique durant cette année 1958. Un récit de ces 7 mois qui marquèrent la Belgique, mais également une histoire d’espionnage plausible dans un lieu qui concentra durant plusieurs mois le savoir-faire des principales nations de l’époque. Alors que chaque État veut montrer le meilleur de lui-même, les espions et saboteurs peuvent s’en donner à cœur joie.

Baudoin Deville réalise un bel album, qui, grâce à un grand sens du détail et une solide documentation, nous plonge dans le Bruxelles des années 50 avec un grand réalisme. La place De Brouckère, la « Belgique joyeuse », les différents pavillons de l’exposition… le dessin plaira aux amateurs d’une ligne claire et précise.

Le scénario quant à lui laisse à désirer. Malgré une intrigue plausible, on ne se passionne pas pour ce récit d’espionnage. Est-ce le fait de mélanger les soucis du quotidien de l’héroïne par rapport à sa hiérarchie avec l’histoire d’espionnage ? Ou est-ce l’ajout de personnages qui tiennent plus du cliché et n’apportent pas de plus-value au récit comme les deux agents belges ? Est-ce l’absence de charisme des principaux protagonistes ou l’absence d’un vrai méchant dans le récit ? Quelle qu’en soit la raison, on ne dévore pas cette BD comme un bâton de chocolat « dessert 58 », mais on tourne les pages dans une certaine indifférence.

L’album, sorti l’année de la célébration des 60 ans de l’exposition, tient plus de l’album promotionnel que d’un véritable projet artistique et ne restera pas à mes yeux dans les annales. Si vous désirez lire une véritable aventure d’espionnage au sein de l’expo 58, portez votre regard vers l’album de Blake et Mortimer Les sarcophages du 6èmecontinent.

Vincent Penninckx
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Journaliste du suricate