Rings, de la VHS au web

Rings

de F. Javier Gutiérrez

Horreur

Avec Matilda Lutz, Alex Roe, Vincent D’Onofrio, Johnny Galecki, Aimee Teegarden

Sorti le 15 février 2017

Quinze ans après le remake américain du film de Hideo Nakata, et douze après sa suite, la saga The Ring est relancée et cette nouvelle suite – indirecte – confiée à F. Javier Gutiérrez, un réalisateur espagnol dont l’unique long métrage (Before the Fall) avait vaguement été présenté au BIFFF il y a déjà huit ans. C’est dire que l’on n’attendait pas grand-chose de ce « reboot » qui ne dit pas son nom…. Mais, bien qu’anecdotique, il s’avère in fine plutôt agréable à suivre.

Après avoir regardé une vidéo macabre qui jette une malédiction sur quiconque l’a vue, voué à une mort atroce dans les sept jours, un prof d’université monte un groupe de recherche estudiantin pour contourner la malédiction, créant une sorte de chaîne dans laquelle chaque personne ayant visionné la vidéo se choisit un « suiveur » pour la regarder à son tour et reporter la malédiction sur lui, avant de se trouver lui-même un suiveur…. Afin de sauver son petit ami Holt de la malédiction, Julia regarde la vidéo à l’insu de celui-ci mais, au moment de faire une copie destinée à un potentiel suiveur, découvre un « film dans le film », une séquence cachée au sein de la vidéo.

Si le point de départ du film est nettement plus alambiqué que celui du Ring original – et de son remake –, le déroulé du récit s’en rapproche beaucoup plus puisque, comme leurs prédécesseurs, Julia et Holt se lancent sur les traces de Samara, la petite fille disparue – et accessoirement incarnation du mal – qui tente de contaminer les vivants de sa malédiction. Rings manie assez habilement la balance entre le terrain connu et les petites variations, en utilisant les mêmes images que les films – américains – précédents pour illustrer la fameuse vidéo, mais en donnant à l’histoire de Samara une direction légèrement différente et en introduisant le trajet de la vidéo maudite dans le paysage actuel de la viralité des images.

Si cette entrée dans la modernité de la saga Ring semble quelque peu tardive – la VHS vivait déjà ses toutes dernières heures au moment de la sortie des premiers films –, elle lui permet de prendre une autre dimension, plus en lien avec l’actualité. Là où le versant réflexif du premier The Ring portait sur le cinéma en lui-même, celui de ce film-ci concerne plutôt internet et la circulation des images.

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Thibaut Grégoire
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Journaliste du Suricate Magazine