Pour le réconfort, manifeste pour la liberté des acteurs

Pour le réconfort

de Vincent Macaigne

Drame

Avec Emmanuel Matte, Pascal Reneric, Joséphine de Meaux

Sorti le 14 février 2018

Premier film en tant que réalisateur de l’acteur Vincent Macaigne, Pour le réconfort est né de l’envie de ce dernier de mettre en scène au cinéma les membres de sa troupe théâtrale, et de magnifier son amour pour les acteurs en règle générale en leur donnant un espace d’expression extensible, adaptant sa mise en scène, ses dialogues et sa trame narrative aux désirs des individualités et du collectif.

Prenant un appui référentiel régulateur sur La Cerisaie de Tchekhov, le film suit le retour d’un frère et d’une sœur, Pascal et Pauline, sur les terres de leur père décédé, le domaine familial qui est entretenu depuis leur départ par leurs amis d’enfance, d’origine plus modeste. Tandis que l’une d’entre eux, Joséphine, veut continuer à exploiter le terrain pour y faire pousser des arbres, un autre, Emmanuel, veut le racheter à bon prix pour y construire des maisons de retraites.

Le film orchestre donc ces retrouvailles entre les enfants de bonne famille, insouciants et aisés, et leurs amis plus concernés par des soucis économiques et/ou idéologiques, et le fait de manière parfois humoristique, mais souvent sous forme de confrontation, insidieuse ou frontale.

Par plusieurs aspects, Pour le réconfort tombe quelques fois dans la caricature, que ce soit lors de monologues empreints d’un sérieux dont on ne sait s’il l’est vraiment – heureusement réduits au nombre de deux ou trois –, ou lors des confrontations les plus manifestes, lesquelles se vautrent totalement dans l’hystérie la plus insupportable.

On aurait ainsi vite fait de qualifier le film d’irregardable – et il l’est par instants – mais on ne peut également nier qu’il est traversé d’une véritable force de sincérité et de vitalité, qui le rendent, sinon réussi, au moins intriguant. On peut ainsi trouver difficilement regardables les joutes à peine maîtrisées et cadrées de ces acteurs qui se laissent jouer en presque toute liberté, et apprécier la radicalité jusqu’au-boutiste de la démarche.

Thibaut Grégoire
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Journaliste du Suricate Magazine