OVO, la chorégraphie entomologique du Cirque du Soleil

Il y a un peu plus de vingt ans de cela, le public anversois faisait la connaissance d’une troupe venue d’outre-Atlantique dont la réputation ne cessait de croître : le Cirque du Soleil. Son spectacle, intitulé Saltimbanco, allait émerveiller l’assistance et porter aux nues son metteur en scène, le belge Franco Dragone. Deux années plus tard, l’homme reviendra sur les bords de l’Escaut pour y présenter un autre spectacle de la compagnie québécoise, le majestueux Alegría. Spectacle qui terminera d’ailleurs sa vie dans l’antre anversois en décembre 2013, après avoir émerveillé plus de 10 millions de spectateurs à travers le monde.

Aujourd’hui, on ne compte plus le nombre de spectacles de la compagnie ayant fait escale à la Lotto Arena. Pourtant, la lassitude n’a en rien envahi le public puisque cette semaine encore, OVO a époustouflé les amateurs de prouesses artistiques grâce à une mise en scène soignée – voire millimétrée – et des numéros sidérants, dont la maîtrise technique frôlait parfois l’insolence. Pas de doute, les guides artistiques Guy Laliberté et Gilles Sainte-Croix ont une nouvelle fois fait mouche avec l’une des – si pas LA – plus belles productions de la compagnie canadienne, passée sous pavillons américain et chinois en 2015.

OVO, c’est l’histoire du monde d’en-bas. Celui qui, tout petit, grouille sous nos pieds où que nous soyons. OVO, c’est le monde des insectes, dans ce qu’il a de plus majestueux et de plus singulier. OVO, c’est enfin un oeuf, objet de création et d’attention, qui tombe au milieu d’une jungle microscopique. Le tout s’animant et s’harmonisant alors sous nos yeux ébahis grâce aux talents de mise en scène de la chorégraphe brésilienne Deborah Colker.

N’y allons pas par quatre chemins, OVO est visuellement extraordinaire. Si la qualité des numéros est au niveau de ce que le public est en droit d’attendre du Cirque du Soleil, ce sont davantage les décors et l’ambiance qui font de cette chorégraphie entomologique, une fresque magique et colorée où chaque élément se reflète dans l’imaginaire collectif.

Contorsionnistes, acrobates, voltigeurs, équilibristes ou encore clowns n’ont dès lors plus qu’à épater la foule et répondre à l’adage de la compagnie : invoquer, évoquer et provoquer.

Assurément, neuf ans après sa création, OVO n’a en rien vieilli. Et si vous n’avez pas eu l’occasion de l’admirer, sachez que l’an prochain, l’astre solaire reviendra en Belgique (du 14 au 17 mars 2019 au Sportpaleis) avec « Toruk, The First Flight », un voyage fantastique au coeur de Pandora, le monde d’Avatar imaginé par James Cameron.

Matthieu Matthys
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Omniscient avorté, avide de nouveautés et en recherche perpétuelle du pourquoi du comment, je suis fondateur, directeur de publication et responsable cinéma du Suricate Magazine.