Night Moves de Kelly Reichardt

night moves affiche

Night Moves

de Kelly Reichardt

Drame, Thriller

Avec Jesse Eisenberg, Dakota Fanning, Peter Sarsgaard, Alia Shawkat, Kai Lennox

Sorti le 30 avril 2014

Critique :

Réalisé par Kelly Reichardt, Night moves met en scène Jesse Eisenberg dans le rôle de Josh, un travailleur dans une ferme biologique qui participe ponctuellement à des actions militantes. Cette fois, il se lance dans une opération plus importante avec Dena (Dakota Fanning), une bourgeoise dégoûtée de la société de consommation, et Harmon (Peter Sarsgaard), un homme au passé douteux. Mais tout ne se passe pas comme prévu, et les choses ne reviennent pas à la normale après le week-end…

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce “thriller de personnages”, tourné dans l’état de l’Oregon, aux États-Unis, n’est pas un film engagé. C’était un choix conscient de la réalisatrice de ne pas tomber dans le militantisme – “je n’ai pas de message politique à faire passer dans mes films, je ne connais pas les réponses aux problèmes de notre temps”. Cependant, elle a si bien réussi son pari que le spectateur se demande ce qu’il doit retirer du film. C’est d’autant plus décevant que les problématiques que prétend aborder ce long-métrage sont intéressantes : la fin justifie-t-elle les moyens ? Que fait-on pratiquement de nos idé(alism)es ? Le chemin de l’illégalité est-il un passage obligé pour défendre certaines convictions ? Toutes ces questions pertinentes semblent malheureusement avoir été perdues dans le résultat final.

Pendant tout le film, mis sous pression par la bande originale de Jeff Grace, le spectateur est tendu vers un climax qui ne semble jamais arriver… jusqu’à une interruption abrupte du film. De fait, la fin, dont on espère jusqu’au bout qu’elle apportera un quelconque retournement de situation, est tout bonnement inexistante.

Quant aux acteurs, leur interprétation mystérieuse garde le public à distance, et l’accès à leur personnage s’en trouve limité. Dommage, car de ce côté-là aussi il y avait du potentiel.

Finalement, malgré son Grand prix du Festival du film américain de Deauville, Night moves est un lent et long film quelque peu insipide.

Elodie Mertz
A propos Elodie Mertz 116 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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