Life : Reset au National jusqu’au 29 mars

Life : Reset – Chronique d’une ville épuisée

Texte et mise en scène : Fabrice Murgia avec Olivia Carrère
Crédit Photo : © Yves Kerstius

Du 20 mars au 29 mars 2014 au Théâtre National

Une nuit comme tant d’autres dans une grande ville. Le trafic routier s’intensifie tandis que de petites fenêtres lumineuses se multiplient dans les immeubles. Derrière l’une d’elle, se cache une jeune femme (Olivia Carrère), victime comme beaucoup, de la solitude urbaine. De sa vie et de son identité, on saura très peu de choses. Si ce n’est qu’elle vit seule dans un trois pièces, prend le métro, chante bien et adore le rouge. Le double qu’elle s’est inventé sur internet, sous le pseudo de Ondine, est son seul exutoire aux gestes rituels lents et pesants du quotidien. Petit à petit, on la voit s’enfermer à la fois dans un monde virtuel et dans une logique destructrice.

A travers des fragments de scènes de vie quotidienne et d’images numériques, le jeune auteur et metteur en scène Fabrice Murgia se livre à une réflexion sociologique sur la solitude des villes et les dérives des identités virtuelles.

Après « Le Chagrin des ogres » primé au festival Impatience/Odéon-Télérama, le deuxième spectacle de ce jeune belge, dénué de dialogues, nous introduit dans une zone de non-dits trouble, miroir d’une société épuisée, en multipliant les points de vue par les jeux de scènes et de vidéo. A divers moments, le spectateur a le sentiment de sombrer dans le voyeurisme car Murgia se complait à le mettre dans l’inconfort par l’introduction de séances d’auto-filmage (avec des cadrages insistants) mais aussi via des effets de caméra de surveillance. La musique obsédante de Yannick Franck rend l’atmosphère volontairement dérangeante et anxiogène. Lumières, vidéos et musique s’assemblent habilement pour mieux accompagner la vertigineuse chute de la jeune femme.

Dans son univers singulier où il fait preuve d’une parfaite maitrise des nouvelles technologies, Fabrice Murgia semble avoir placé, ça et là, quelques symboles (lapin, sirène, ondine) pour gommer les frontières qui séparent la réalité du virtuel en nous faisant pénétrer dans l’univers fantasmagorique du conte et de la mythologie.

Un spectacle original, à l’esthétique fascinante et troublante, qui nous plonge dans la douleur sourde des solitudes urbaines.

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Marie-Laure Soetaert
A propos Marie-Laure Soetaert 126 Articles
Journaliste du Suricate Magazine

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