Les Trois glorieuses : Dansons la Carmagnole au Magic Land Théâtre

Texte et mise en scène de Patrick Chaboud. Avec Barnabé De Keyser, Sophie D’Hondt, Philippe Drecq, Yasmine El Mkhoust, Stefania Greco, Thomas Linckx, David Notebaert et Stéphane Stubbé. Du 30 novembre au 29 décembre 2018 au Magic Land Théâtre.

Les Trois Glorieuses, ça vous dit quelque chose ? C’est lors de ces trois journées d’émeutes populaires en juillet 1830 que le roi de France Charles X a perdu son trône, remplacé par son cousin Louis-Philippe, plus libéral et prêt à accepter une monarchie constitutionnelle. Immortalisé par le célèbre tableau d’Eugène Delacroix, La Liberté guidant le peuple, cet épisode a aussi en grande partie causé l’indépendance de la Belgique deux mois plus tard…

Les Trois Glorieuses présentées au Magic Land Théâtre jusque fin décembre sont une création originale de Patrick Chaboud, inspirée des romans d’apprentissage du XIXe siècle, comme le Père Goriot de Balzac, mais avec une bonne dose d’absurde et de burlesque.

Monsieur Dupré, un jeune instituteur, arrive à Paris où il séjourne à la Fesse légère, une auberge miteuse offrant une galerie de personnages pittoresques. Contraint de repousser les avances de la tenancière, il y fait la rencontre d’un marquis désargenté et d’un ancien bagnard dont l’intérêt pour la jeune domestique lui pose question. Sur fond de Carmagnole et de tensions révolutionnaires entre une aristocratie braquée sur ses privilèges et un peuple désireux de réformes, plusieurs destins individuels s’entrecroisent pour aboutir à une découverte inattendue sur l’ascendance de la fille d’une femme berbère séduite par un soldat français avant même la colonisation de l’Algérie.

Si la pièce dégage une énergie positive, notamment grâce à de petits intermèdes musicaux et à des anachronismes amusants introduisant le Bruxelles d’aujourd’hui dans le Paris de 1830, le déroulement des intrigues parallèles est à certains moments un peu difficile à suivre et le spectateur se demande où tout cela va bien pouvoir mener. Malgré un dénouement pas tout à fait abouti, on passe malgré tout un bon moment, notamment grâce à Barnabé De Keyser qui rend son personnage d’instituteur ingénu très attachant.

Soraya Belghazi
A propos Soraya Belghazi 66 Articles
Journaliste - Responsable Arts/Expos/Musées du Suricate Magazine