L’effet Domino de François Baranger

auteur : François Baranger
édition : Bragelonne
sortie : février 2017
genre : thriller

« Petites causes, grandes conséquences ». Il n’y a pas si longtemps encore, L’effet papillon batifolait sur nos ondes. La jolie petite chansonnette de Bénabar évoquait ainsi sur un air des plus guillerets cette forme de fatalité qui s’incarne dans des chaînes de causes à effets dont nous faisons invariablement tous les frais. Dans ce thriller, François Baranger s’attaque également à ce sujet qu’il applique au monde du crime, refourguant à l’inspecteur Lacinière, héros et narrateur de ce roman, la difficile tâche de remonter jusqu’à l’assassin alors qu’une série de meurtres en cascade impliquent des personnes proches de personnalités mondaines. Sur chaque scène de crime, une pièce de domino est laissée par l’assassin. Plus rien d’enfantin (à moins que… ?)  dans ce jeu tout droit sorti du placard…

Si vous n’étiez pas adeptes des dominos, ne vous inquiétez pas : le jeu se teinte ici d’ésotérisme tout en embrassant des théories mathématiques tandis que le Paris du début du XXe siècle nous est offert comme plateau de jeu à travers de nombreuses descriptions. Malgré les efforts manifestes de nous plonger dans cette ambiance de la capitale française d’avant la guerre, la magie ne nous emporte pas.

Il faut dire que l’intrigue prend du temps à se mettre en place et que le roman souffre de quelques longueurs. Les personnages, peints à gros traits, n’aident pas à rentrer dans l’histoire. Ainsi, Lancinière incarne ici le traditionnel inspecteur cynique et désabusé qui s’attire aisément l’antipathie de son entourage. Autour de lui, une équipe de bric et de broc se crée avec Albertine, une jeune femme qui tente de revendiquer les droits de la gente féminine, le journaliste de droite Saint-Alexis aux idées politiques bien arrêtées et Thomas, jeune homme plein de promesses  mais vide de substance.

Vous l’aurez compris, mis à part l’apparition de Double-six, dont l’aura de mystère parait encore un peu forcée, l’ensemble du roman est donc assez prévisible. Au milieu de tous ces fils blancs et rebondissement courus d’avance, François Baranger réussit tout de même à ménager un joli coup de théâtre qui tonne, surprenant et bref, avant que l’histoire reprenne son cours très attendu et se termine, emballé c’est pesé, en quelques pages seulement, laissant présager d’une suite qu’on ne s’empressera pas de lire.

En effet,  L’effet Domino souffre de ses qualités : en reprenant toutes les caractéristiques du genre, il en devient si lisse et transparent qu’il est impossible de s’attacher à ces pages et aux personnages qu’on y retrouve. C’est dommage, parce qu’on en attendait beaucoup de cet auteur qui s’était également fait connaître en tant qu’illustrateur pour le cinéma (notamment pour Harry Potter et les reliques de la mort) mais il faut bien l’avouer, les dominos, aujourd’hui, c’est surfait…

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Nassima Cherke
A propos Nassima Cherke 40 Articles
Journaliste du Suricate Magazine