Le Titanic – Vérités et légendes de Gérard Piouffre

auteur : Gérard Piouffre
édition : Perrin
sortie : mars 2018
genre : histoire

Le Titanic, qui faisait la fierté de la compagnie White Star Line, heurte un iceberg le 14 avril 1912 à 23h40. Le paquebot le plus luxueux du monde et que l’on certifiait insubmersible sombre emportant avec lui 1500 passagers er membres d’équipage.

Des paquebots qui coulent, il y en a eu quelques-uns. Mais qu’est-ce qui suscite encore et toujours notre intérêt un peu plus d’un siècle plus tard? Lorsqu’on prononce le nom Titanic, tout le monde sait de quoi on parle et la jeune génération connaît également l’histoire de cette tragédie grâce au film de James Cameron (Titanic, 2001) devenu mythique.

Si le Titanic déchaîne encore et toujours les passions, c’est qu’il s’agit effectivement d’un récit abracadabrant et le naufrage du paquebot résulte d’une suite invraisemblable et ininterrompue d’évènements malchanceux et d’occasions manquées pour éviter le désastre.

Le Titanic – Vérités et légendes réfute pour nous certaines légendes issues de l’imaginaire collectif ou au contraire nous conforte dans nos idées reçues. Par exemple, il est vrai que beaucoup de gens ont cru ce navire maudit – une partie de ses passagers s’est d’ailleurs désisté avant le départ – parce que son nom, qui renvoie aux Titans de la mythologie grecque, était une offense à Dieu mais l’acier utilisé pour construire le Titanic n’était pas de mauvaise qualité. Ce que l’on sait moins, c’est qu’un incendie s’était déclaré dans l’un des réservoirs où l’on entrepôsait le charbon qui servait de combustible, qu’il a fallu 11 jours pour l’éteindre et qu’il aurait pu fragiliser la coque. Que les membres d’équipages n’étaient pas ivres mais que les opérateurs radio débordés ont omis de transmettre plusieurs messages au capitaine quant à la position d’un certain iceberg et que les vigiles censés observer l’horizon ne disposaient pas de jumelles! Que le Californian, bâteau qui se situait à moins de 10 kilomètres du Titanic, n’est pas intervenu durant le naufrage pensant que ses feux de détresse était un feux d’artifice pour les passagers et qu’on ne réveille pas son commandant à 1 heure du matin!

Des faits de ce genre, le livre de Gérard Piouffre en est truffé et c’est avec un réel plaisir que l’on (re)découvre les tenants et les aboutissants d’un naufrage annoncé 14 ans plus tôt par Morgan Robertson qui publie Futility (1898), un roman qui raconte le naufrage du paquebot le Titan (si, si) qui pourtant, n’existait encore que dans l’imagination de ses inventeurs.

D’une écriture fluide, bien documenté, Le Titanic – Vérités et légendes est un ouvrage qui une fois commencé, ne donne plus d’occasions de s’arrêter et au bout, on est triste d’être déjà arrivé à la dernière page.

Daphné Troniseck
A propos Daphné Troniseck 231 Articles
Journaliste - Responsable littérature du Suricate Magazine