Le Tailleur De Pierre : circulez, on ne veut rien voir…

Scénario : Olivier Bocquet
Dessin : Léonie Bischoff
D’après le roman de : Camilla Läckberg
Éditions : Casterman
Sortie : 6 juin 2018
Genre : Adaptation, policier, thriller

Le 6 juin dernier est parue aux éditions Casterman la troisième adaptation d’un roman de la reine du polar nordique, Camilla Läckberg. Après La Princesse Des Glaces et Le Prédicateur, Le Tailleur De Pierre est donc la nouvelle enquête de Patrik Hedström et Erica Falck que Léonie Bischoff et Olivier Bocquet adaptent en BD.

À Fjällbacka, il n’y a pas de rideaux aux fenêtres. Ce n’est pas qu’il n’y ait rien à cacher : c’est que tout le monde regarde ailleurs.

Et c’est vrai qu’au cours de l’enquête, on découvre que cette station balnéaire idyllique cache, sous des dehors séduisants, de lourds secrets.

Comment condenser un livre de 500 pages dans une BD qui n’en fait que 128 ? C’est le défi auquel s’est attaqué Olivier Bocquet, avec une certaine réussite. Contrairement au roman, la structure narrative est ici chronologique. La genèse du drame, qui se situe dans les années 1920 à 1940, nous est narrée avant que Patrik Hedström et Erica Falck n’entrent en scène. Le scénariste est fidèle au roman original et s’attache dès lors à la psychologie des personnages, aux non-dits, au malaise qui transparait au-delà des apparences. Le Tailleur De Pierre ne parle pas seulement d’un meurtre, mais surtout de l’enfance, de la maltraitance, des secrets de famille et des sacrifices qu’on fait pour garder les apparences intactes.

Lorsqu’on lit un roman, on s’imagine toujours la physionomie générale des différents protagonistes, ainsi que les lieux dans lesquels ils évoluent, en fonction des descriptions données par l’auteur afin de se créer une image mentale des différentes scènes. Ici, Fjällbacka est représentée comme un village de carte postale, le dessin est lisse et assez épuré, et cela accentue encore plus le contraste avec la noirceur des sentiments de ses habitants. Au niveau des couleurs, les auteurs ont eu la bonne idée d’utiliser une palette différente pour les deux époques, ce qui permet de faire une distinction plus nette entre les deux.

Au final, Le Tailleur De Pierre est un album qui plaira à ceux qui veulent retrouver Patrik Hedström et Erica Falck sous forme de BD, ainsi qu’aux amateurs de romans psychologiques. Le scénario est fidèle, et même si la représentation graphique peut différer de notre ressenti et aurait pu être moins lisse pour s’avérer plus en phase avec la noirceur du propos, le dessin ainsi que le travail sur les couleurs restent d’une grande qualité.

Vincent Penninckx
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Journaliste du suricate