Le malade imaginaire revisité au Manège

De Molière, mise en scène de Michel Didym, avec André Marcon, Agnès Sourdillon

Du 9 au 10 février à 20h à La Luna à Maubeuge

« Le malade imaginaire » fait partie des classiques du théâtre, lu à l’école ou encore vu plusieurs fois sur scène. Que pouvait encore mettre en scène une énième version pour dire de marquer le coup auprès des spectateurs non-néophytes de la pièce? C’est le pari qu’a relevé avec brio Michel Didym avec sa mise en scène de la célèbre pièce de Molière, jouée ce lundi 9 et mardi 10 février à La Luna à Maubeuge.

Première détonation: les costumes des personnages sont modernes, mais composés avec un zeste de note historique. Une fois la surprise passée, l’oeil s’habitue à ces costumes contemporains et les trouve même à son goût pour la pièce. Sans être totalement modernes, ils rapellent un peu que ces personnages ne sont pas de notre époque tout en les ancrant dans le quotidien du spectateur. Les décors sont travaillés dans le même état d’esprit: sobre et efficace.

Une fois terminé le laïus d’Argan traitant ses factures du médecin et énumérant les maux pour lesquels il a été soignés, sa servante, Toinette interprétée par Agnès Sourdillon, entre en scène. Deuxième choc pour le spectateur: la brave gesticule et parle en articulant d’une bien drôle de manière. L’effet qui en résulte est une traduction pour sourd et muet métamorphosée sur la scène. Petit à petit, nous nous habituons à son jeu et nous en arrivons à trouver le personnage cocasse et très entrainant.

Ensuite, c’est au tour des Dupont et Dupont de faire leur entrée dans le récit, à savoir: le père Diafoirus accompagné de son fils, le futur gendre d’Argan à qui il a promis la main de sa fille. Troisième bizarrerie pour le public, mais cette fois, plus difficile à avaler. Leur jeu est plus que burlesque et, bien qu’il ait fait rire toute la salle, pourrait détonner fortement auprès des spectateurs un peu plus frileux.

La pièce est ponctuée de scènes dansantes ou chantées humoristiques qui ne gênent en rien l’avancée du récit. En prenant le parti de transformer ce classique en accentuant l’humour présent dans la pièce, Michel Didym réussit à le dépoussiérer et à en faire une version vivante et dynamique. Dommage que certaines scènes ou certains personnages aillent peut-être trop loin et touchent au comique exagéré.

Une pièce à voir si vous aimez les adaptations modernes des classiques et, assurément, si vous voulez rire toute la soirée.

 

Déborah Lo Mauro
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Journaliste

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