Le Livre de la jungle au Théâtre du Parc jusqu’au 19 mai

De Thierry Debroux, d’après Rudyard Kipling, mise en scène de Thierry Debroux et Daphné D’Heur avec Avec : Jolijn Antonissen, Pierre Bodson, Anne-Marie Cappeliez, Didier Colfs, Emmanuel Dell’Erba, Daphné D’Heur, Fabian Finkels, Antoine Guillaume, Philippe Tasquin, Gaëtan Wenders, Mowgli (en alternance : Andrei Costa, Dario Delbushaye, Issaïah Fiszman), Les petits Loups (en alternance : Alexandre Andersen, Baptiste Blanpain, Ava Debroux, Arthur Fraboni, Martin Georges, Laetitia Jous, Julia Orenbach, Andrea Schmitz, Ethan Verheyden). Du 19 avril au 19 mai 2018 à 20h15 au Théâtre Royal du Parc. (crédit photo : Zvonock)

Thierry Debroux aime s’emparer des récits populaires et prend plaisir à les adapter au théâtre. Cette fois-ci, c’est Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling qui est présenté au Théâtre du Parc. Ancré dans notre imaginaire par son adaptation de Disney ou par l’utilisation des noms d’animaux chez les louveteaux, Debroux adapte au plus près le récit original de Kipling, dans une comédie musicale au côté de Philippe Tasquin (pour la musique et les chansons). 

Si on retrouve quelques rappels visuels à la version Disney, les chansons n’ont par contre rien à voir avec les musiques iconiques que tout le monde connait. Debroux et Tasquin ont tenté de forger leur propre identité, ajoutant même un second degré bienvenu (les vautours qui chantent à Mowgli Suicide-toi par exemple). De même, Thierry Debroux y ajoute un fil rouge très personnel. Il se rappelle que sa vocation théâtrale, il la doit à son institutrice de primaire qui a adapté avec les enfants Le Livre de la jungle. Et la pièce raconte en sous-texte, ses souvenirs d’enfance et les retrouvailles avec cette institutrice qui l’a tant marqué. 

Comme souvent au Théâtre du Parc, la grande force du spectacle, c’est la scénographie. Des décors grandioses qui descendent du plafond, sortent de scène ou qui roulent dans tous les sens et bien sûr, des costumes éblouissants. Pour jouer les animaux, les acteurs sont parés de tenues et de chapeaux/masques rappelant l’animal qu’ils jouent sans pour autant cacher leurs visages. 

Les chansons sont interprétées en live par les acteurs et permettent quelques grands moments de poésie et d’humour. Pourtant, il faut signaler que comme dans la grande tradition des comédies musicales, il y a très peu de moments joués, ce qui peut rebuter certaines personnes et oblige parfois le spectacle à intercaler des chansons plus moyennes plutôt que de laisser les comédiens jouer. Ce qui pourra gêner aussi le spectateur, ce sont des références plus modernes qui parsèment discrètement le spectacle sans jamais apporter une plus-value, comme l’utilisation de pseudo-smartphones (pour des selfies), l’évocation du WIFI ou une blague sur La Reine des neiges. 

A force de vouloir toucher un maximum de générations et un maximum de personnes dans le public, cette adaptation du Livre de la jungle est parfois bancale, mais le fil rouge émouvant sur la vocation de Thierry Debroux et la scénographie époustouflante font passer un superbe moment. 

Loïc Smars
A propos Loïc Smars 304 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine