Le Futuroscope a inauguré l’Extraordinaire Voyage, une attraction hors normes

©Futuroscope/JL Audy

Samedi matin, dans le froid pré-hivernal de la campagne poitevine, le parc Futuroscope a inauguré sa nouvelle attraction, l’Extraordinaire Voyage, devant une foule d’invités venus des quatre coins de la France, mais aussi de pays limitrophes. Après une brève mise en scène théâtralisée, c’est aux dirigeants du parc et aux élus locaux qu’est revenu l’honneur de couper le ruban de cette attraction avant-gardiste, fruit de plusieurs années de travail et symbole de l’ambition future du parc néoaquitain.

© Futuroscope/Cube Creative/Brune/B. Comtesse

Une expérience immersive unique

L’Extraordinaire Voyage nous emmène dans l’univers de Jules Verne, l’écrivain nantais ayant fait de l’aventure et de la science-fiction les éléments clés de ses plus beaux romans. Difficile en effet d’oublier des oeuvres littéraires comme Voyage au centre de la Terre, Vingt mille lieues sous les mers, L’île mystérieuse ou encore Le Tour du monde en 80 jours. Des récits audacieux qui s’entremêlent habilement et qui marquent – pour la plupart – l’affection de leur auteur pour la technologie, l’utopie et le futur. De son amour de la science et du progrès naîtront des machines comme le Nautilus ou l’Albatros, pour n’en citer que deux. Ce choix du progrès et cette vision futuriste ne pouvaient se décliner en attraction que dans un seul endroit : le Futuroscope.

L’attraction en elle-même est un hommage à l’oeuvre toute entière du romancier. Dès l’entrée du visiteur dans son antichambre (appelée « Hall des départs »), celui-ci est happé par la magie de Jules Verne, tant la pièce inspire l’imaginaire et le voyage. Un décor néanmoins trop propre et moderne pour rappeler l’univers plus métallique et puddlé de l’époque vernienne. Peu importe, le visiteur fraîchement entré trépigne alors d’impatience de voir la suite qui se dévoile au passage de la porte n°12, celle-ci menant à la salle de briefing du voyage extraordinaire proposé par la compagnie SkyWorld.

Grâce au commandant de bord Franck Garrison et à l’ingénieure Irène Delaunay, les futurs passagers du SkyLoop se mettent alors en condition avant leur entrée dans l’aéro-navette assurant le transfert vers la capsule. Une aéro-navette savamment imaginée par les concepteurs du parc, puisque ses fenêtres permettent d’apercevoir le Futuroscope… dans le futur. Une idée très originale et totalement en phase avec la réinvention du monde connu que le visiteur pourra apprécier dans l’attraction en elle-même.

Et pour cause, alors que le visiteur transite par le sas d’embarquement, le voilà face à cette fameuse attraction. Devant lui, trois rangées de sièges se suivent pour l’accueillir. Une fois ce dernier bien installé et solidement harnaché, la plate-forme du SkyLoop s’incline de 90 degrés en 12 secondes et l’écran s’illumine. Le voilà partit dans un voyage onirique de quatre minutes où, les jambes dans le vide, il va partir des travées du Futuroscope au parc de Yellowstone, en passant par dessus les pyramides de Gizeh, par delà les rives du Gange, sous les sommets de l’Himalaya ou le long des gratte-ciel de Dubaï. Une expérience difficile à relater mais qui laisse une impression d’envol, de légèreté et surtout d’évasion grâce, notamment, aux effets des souffleries, des brumisateurs et des diffuseurs de parfums qui éveillent les cinq sens.

Les chiffres dingues d’une attraction hors normes

C’est un fait, le parc du Futuroscope a frappé fort en dévoilant cette nouvelle attraction qui devrait éblouir les visiteurs de la saison 2017. Une nouveauté très attendue puisque l’idée de réaliser l’Extraordinaire Voyage date déjà de 2012. Quatre années, c’est le temps qu’il a fallu au projet pour aboutir. Des hangars de Dynamic Attractions (créateur du Sorin’ déjà présent dans les parcs Disney California Adventure et Walt Disney World Resort en Floride) à Vancouver au pavillon du Futuroscope, la structure de 110 tonnes et l’écran de 600 m² ont mobilisé d’innombrables moyens humains et matériels. Un investissement en temps mais aussi en argent, puisque l’attraction aura coûté la bagatelle de 12,5 millions d’€. Un investissement indispensable pour que le parc puisse fêter ses trente bougies dans quelques mois, mais aussi pour que celui-ci reste compétitif. Car oui, les budgets sont encore plus faramineux ailleurs, comme à Universal Orlando où l’attraction Skull Island : Reign of Kong a coûté l’an dernier plus de 100 millions de dollars.

Le futur du Futuroscope

Bref, l’Extraordinaire Voyage est une nouvelle vitrine de marque pour le Futuroscope qui pouvait déjà se féliciter d’un nouveau record de fréquentation établi à 1,9 million de visiteurs en 2016. L’objectif des deux millions, souhaité par son manager Dominique Hummel et le PDG de la Compagnie des Alpes Dominique Marcel, est donc tout à fait réalisable pour l’an prochain. En outre, l’appétit du deuxième parc français en terme de chiffre d’affaires ne semble plus avoir de limites, puisque les investissements vont continuer à croître dans les quatre prochaines années. De même, le concept Futuroscope pourrait s’exporter dans les pays à forte croissance dans les trois ou cinq années à venir. Si on parlait encore de Jaipur en Inde l’an dernier, c’est plutôt vers la Chine que pourrait se tourner la Compagnie des Alpes, très friande du marché asiatique et de sa manne financière conséquente. Une occasion pour les Français de mettre à terre le parc Changchun Movie Wonderland qui avait plagié sans sourciller le Futuroscope.

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Matthieu Matthys
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, omniscient avorté, avide de nouveautés et en recherche perpétuelle du pourquoi du comment, je suis fondateur, directeur de publication et responsable cinéma du Suricate Magazine.