La route de Santa Anna de Serge Brussolo

auteur : Serge Brussolo
édition : Le Masque
date de sortie : octobre 2014
genre : Polar, Poche

De nos jours à la frontière entre le Texas et le Mexique. Markh, cascadeur casse-cou qui n’est plus que l’ombre de lui-même depuis le décès spectaculaire de sa coéquipière, accepte une mission pour le compte d’un baron de la drogue. Afin de faire passer la marchandise d’un pays à l’autre sans éveiller les soupçons des douanes, il doit, à l’aide d’une voiture au moteur trafiqué, utiliser un monument commémoratif, sorte de pont non relié à cheval sur le Rio Grande, comme rampe de lancement pour atteindre l’autre rive. L’entreprise est périlleuse, mais dans la vie comme dans les cascades, tout ne se passe pas toujours comme prévu…

Le pitch est très simple, mais la richesse du roman réside principalement dans le foisonnement de personnages hauts en couleur, qu’ils soient principaux ou secondaires. D’abord, et ce n’est pas négligeable, celles et ceux qui ont vu le film Drive de Nicolas Winding Refn, ne pourront s’empêcher d’imaginer Ryan Gosling incarnant Markh, beau mâle torturé au service de gars pas très nets grâce à ses prouesses automobiles. Sans compter le grand-père lubrique, l’ado trépané, l’ancien policier ripou et obèse, les clowns de rodéo, la vielle thésarde retirée dans un monastère troglodyte, l’ex-star de porno française reconvertie en vendeur de crotales… et surtout les méchants du cartel qui sont très très méchants.

Tout ce joyeux petit monde évolue dans une atmosphère très lourde, tant par la chaleur et la moiteur provoquées par les degrés texans que par le climat de paranoïa qui domine le récit de bout en bout. Tout le monde espionne tout le monde et au fil des pages, on se prend à ne plus avoir confiance en personne et à imaginer le pire venant de chacun. Si quelques passages peuvent être difficiles lors des premières descriptions des méthodes barbares du cartel, on finit par s’y faire. Après tout, un orteil de moins, qu’est-ce que ça change ?? Serge Brussolo réussit néanmoins un parfait mélange entre noirceur… et humour ! Le comique de circonstance est très présent et on se délecte de voir se dépêtrer les malheureux personnages, bons ou mauvais, de situations peu enviables. Quelques dialogues bien trempés contribuent également à faire sourire ; lorsque Jean-Pierre, l’ex-star du porno déclare sa flamme, on ne peut qu’être sous le charme…

On ne peut pas lâcher La route de Santa Anna et on ne doit pas la lâcher ! La fluidité du récit entraîne le lecteur à tourner les pages de péripétie en péripétie jusqu’à arriver au rebondissement final qui le laissera sur son séant.

Un très bon polar donc, à lire bien assis.

 

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Emmanuelle Lorriaux
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