La lettre au capitaine Brunner de Gabriel Matzneff

La lettre au capitaine Brunner

auteur : Gabriel Matzneff
édition : La Table Ronde
sortie : janvier 2015
genre : roman et récits

Cyrille Razvratcheff s’est suicidé en se jetant du haut des falaises de Dieppe. Mais personne ne sait pourquoi, personne ne comprend. Son cousin Nil Kolytcheff ne croit pas que la raison du suicide de Cyrille ne soit qu’une rupture sentimentale, il doit y a voir une raison plus lourde que ça.
La vie continue pourtant et le groupe d’amis qui gravite autour de Nil avance malgré tout. La mort de Cyrille ne les empêche de faire des projets. Entre celles qui se marient, celle qui présente son film, celui qui se fait plaquer, chacun vaque à sa vie. La révélation du secret qui a bouleversé Cyrille et qui va bouleverser Nil semblera passer inaperçu, comme anecdotique.
On suit Nathalie et Lioubov, les futurs mariés, les cinéastes Mathilde et Raoul ou encore le hiéromoine Guérassine prochainement sacré évêque. Une sorte de dolce vita sous le soleil d’Italie qu’ils apprécient avec nonchalance, parlant du temps et du monde qui passe avec presque une pointe de dédain. C’est du moins la sensation qui est donnée par l’écriture de Gabriel Matzneff.

Le champ lexical de La lettre au capitaine Brunner est déstabilisant. Une bonne part se compose de termes peu connus mis à part pour les érudits car ils se rapportent généralement à la religion orthodoxe. Cela donne au tout, l’impression de lire un roman historique alors qu’il est bien ancré dans le présent. On a beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire parce que l’on ne saisit pas où l’auteur veut nous emmener.
Outre le champ lexical religieux, il y a dans l’écriture de Gabriel Matzneff quelque chose de décalé. Son écriture sent la naphtaline, le soleil d’Italie au temps glorieux des grands peintres, la Russie des tsars, la dolce vita au goût de Limoncello, l’actualité du monde, les blessures d’un passé auquel on ne peut échapper. Ce fouillis d’époques qui se mélangent nous trouble nous faisant perdre le fil de l’intrigue. Finalement, le récit ne sert qu’à faire graviter autour de lui des tranches de vie qui ne forment pas l’intérêt du roman.

Elodie Kempenaer
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