La Isla mínima, thriller sauce andalouse

la isla minima affiche

La Isla mínima

d’Alberto Rodriguez

Policier

Avec Raúl Arévalo, Javier Gutiérrez, Antonio de la Torre

Sorti le 15 juillet 2015

Le cinéma espagnol nous offre cette année un beau thriller sauce andalouse, classique sur le fond et moderne sur la forme. Esthétique et prenant, la Isla Mínima est plus qu’un film, c’est un aimant à louanges et à Goyas. 

Andalousie, 1980. Juan et Pedro enquêtent sur la disparition de Carmen et Estrella dans un petit village du sud de l’Espagne. Lorsque les corps mutilés des deux jeunes filles sont retrouvés, ils apprennent l’existence d’autres disparitions. Mais l’enquête est difficile: les villageois sont peu loquaces et les relations sont tendues entre Juan, policier de la vieille école, et Pedro, raidi par son intégrité.

La Isla Mínima est une réalisation vintage qui nous emmène dans le bayou andalou. Le spectateur est immergé en pleine époque post-franquiste dans une Espagne en quête de nouvelles valeurs sans que les anciennes aient tout à fait disparu. L’ambiance est glauque et confinée dans ce pueblo qui semble à la marge du monde.

La beauté des images est pourtant le point fort de ce long-métrage d’Alberto Rodriguez. Et ce n’est pas un hasard. Le réalisateur a développé l’idée de son film après avoir vu en 2000 Marismas del Guadalquivir, l’œuvre crépusculaire du photographe Atín Aya. Rodriguez a également eu recours aux photos aériennes de Héctor Garrido, visibles au début du film. Magnifiques et anxyogènes, ces images fractales du parc naturel de Doñana installent, de concert avec la musique, une tension sourde et constante pendant l’entièreté le film.

Au cœur ces méandres, les personnages s’opposent et se complémentent, à la fois attachants et détestables au fur et à mesure qu’ils se dévoilent. Javier Gutiérrez et Raúl Arévalo livrent une belle performance dans cette enquête « à l’ancienne » où les discussions et les réflexions se font au bout de la cigarette, jusqu’à ce que les pièces du puzzle s’emboîtent. Mais c’est précisément dans un scénario où les derniers éléments sont apposés sans véritables raccords que réside le seul travers du film. Car même si les meurtres sont expliqués, certains motifs et liens demeurent obscurs. Peut-être n’est-ce cependant pas si grave, puisque la véritable histoire du film, la moins évoquée mais la plus pertubrante, profite d’une fin ouverte grâce à laquelle le malaise reste entier.

Ce long-métrage a déjà séduit un large public : celui du BIFFF chez nous et celui des Goyas en Espagne où il a raflé dix prix parmi lesquels celui du meilleur film, de meilleur scénario et de meilleur acteur pour Javier Gutierrez. Parlons peu, parlons bien : la Isla Mínima est à voir.

Elodie Mertz
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Journaliste du Suricate Magazine

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