La Couleur de la victoire, belle mais classique

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La Couleur de la victoire (Race)

de Stephen Hopkins

Biopic, Sport

Avec Stephan James, Jason Sudeikis, Jeremy Irons

Sorti le 27 juillet 2016

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Le biopic est un genre roi à Hollywood et chaque figure célèbre de l’histoire américaine a tendance à être adapté au cinéma (les présidents, les généraux, les chanteurs, les héros de la nation, etc.). Dans La couleur de la victoire, c’est le monde du sport et plus précisément l’athlétisme qui est évoqué, au moyen d’une figure importante du 20ème siècle : Jesse Owens.

Petit rappel historique : Jesse Owens est un coureur noir qui, dans une Amérique encore fort ségrégationniste, a réussi à s’imposer dans l’équipe olympique présente aux Jeux organisés à Berlin en 1936, propagande géante de l’Allemagne nazie d’Hitler. Owens fit trembler la machine nazie en battant tous les sportifs allemands et les records mondiaux dans 4 disciplines différentes : le 100m, le 200m, le saut en longueur et le relais 4x100m.

Comme souvent dans ce genre de productions, on retrouve quelques éléments récurrents : un réalisateur banal pour faire le boulot demandé, un rôle principal proche du modèle, quelques acteurs plus ou moins connus à mettre sur l’affiche et un classicisme exacerbé pour ne pas trahir l’histoire originale.

Le premier et le dernier point sont respectés. D’un côté, nous avons Stephen Hopkins qui n’a jamais brillé en haut du box-office (on repère un Predator 2 ou L’ombre et la proie, un film d’aventure avec Val Kilmer qui chasse un lion) et qui s’acquitte noblement de la tâche qui lui est confiée et de l’autre, un classicisme habituel pour ce genre de productions. La reconstitution d’époque est malgré tout époustouflante mais on peut tout de même regretter une prise de position trop conventionnelle (tout est axé sur le gentil noir qui défie les méchants nazis, mais n’évoque que trop peu la difficulté de Jesse Owens de se faire aussi accepter à son retour par une Amérique encore fort raciste – Owens avait d’ailleurs dit à l’époque :  « Hitler ne m’a pas snobé, c’est Roosevelt qui m’a snobé » et « Après ces histoires d’Hitler qui m’aurait snobé, à mon retour aux États-Unis, je ne pouvais pas m’asseoir à l’avant des autobus, je devais m’asseoir à l’arrière, je ne pouvais pas vivre là où je le voulais ». Seul une scène l’évoque : le héros et sa femme ne peuvent pas entrer par la porte principal de l’hôtel où une fête est donnée en son honneur).

La bonne surprise du film, en plus d’un sujet fort intéressant, est l’interprétation prenante des deux héros principaux. Stephan James (remarqué dernièrement dans Selma d’Ava DuVernay) est impeccable et convaincant tant dans les scènes de mises en places que dans les scènes de courses tandis que Jason Sudeikis (connu pour ses rôles comiques comme dans Very Bad Trip) livre une performance étonnante dans un rôle plus sérieux de l’entraîneur sportif d’Owens.

Au final, La Couleur de la victoire (ou Race en VO – titre bien plus évocateur) est un biopic classique qui bénéficie d’acteurs impeccables, d’une belle reconstitution et d’un sujet intéressant parfois trop méconnu. Ce film a le mérite d’exister et ce n’est déjà pas anodin.

Loïc Smars
A propos Loïc Smars 304 Articles
Fondateur et rédacteur en chef du Suricate Magazine

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