Krampus, un beau cadeau empoisonné

krampus poster

Krampus

de Michael Dougherty

Epouvante-Horreur, Fantastique, Comédie

Avec  Toni Collette, Adam Scott, David Koechner

Sorti le 16 décembre 2015

Une famille se réunit à l’occasion des fêtes de Noël. Le peu d’alchimie existant entre chacun des membres en vu de leurs caractères opposés, et leurs constantes disputes, ruinent l’ambiance joyeuse souhaitée par le jeune Max, pour qui ces festivités revêtent une importance toute particulière. Il n’en faudra pas plus pour déclencher la colère de Krampus, créature mythologique bien décidée à punir ces personnes ayant oublié l’esprit de partage qui va de pair avec cette époque de l’année.

Après le très recommandable Trick’r’treat prenant place à Halloween, Michael Dougherty s’intéresse cette fois-ci à la fête de la nativité, bien décidé à y ajouter une bonne dose de fantastique. On pense immédiatement à Gremlins, la référence du film familial horrifique se passant à la même période. Krampus en souffrirait sans doute la comparaison, s’il ne parvenait à s’en défaire en développant sa propre mythologie. Non sans quelques difficultés, toutefois.

Là où le précédent effort du réalisateur évitait tout temps morts grâce à une structure anthologique favorisant une entrée directe dans le vif du sujet, Krampus prend son temps. Peut-être trop. Le début du film se suit sans déplaisir, grâce au style mordant de comédie grinçante qui s’y développe, porté par des acteurs sympathiques habitués au genre (dont le très bon Adam Scott). Le basculement vers le fantastique peine, lui, à convaincre dans un premier temps. La faute incombe à une menace diffuse qui se révèle finalement peu inquiétante, soulignée par des attaques principalement représentées en hors champ.

Ce fait est appuyé par le choix d’avoir situé l’action à Noël, période propice aux contes pleins de bons sentiments. De là à imaginer que la famille dysfonctionnelle mise en scène va s’en sortir indemne et trouver le moyen de se ressouder grâce à l’épreuve surmontée, il n’y a qu’un pas. Heureusement, le doute quant au happy end final ne tarde pas à s’installer dès que Michael Dougherty se décide à passer la vitesse supérieure, transformant Krampus en home invasion débridé.

Le démon du titre n’agit pas seul. Il est aidé dans sa tâche par de nombreux sbires dont nous ne dirons rien, afin de ne pas gâcher l’une des meilleures surprises du film. Contentons-nous de préciser que, comme dans son précédent long-métrage, Michael Dougherty se maintient avec succès sur la fine ligne entre humour et ridicule. Les ennemis les plus improbables n’en demeurent cependant pas moins inquiétants, crédibilisés par une mise en scène pleine de punch qui nous dévoile des assauts d’une brutalité inattendue pour un produit qui semble viser un public large.

À cela s’ajoute un mauvais esprit salvateur, souligné par une fin qui se joue des clichés habituel du genre, tout en se révélant plus irrévérencieuse qu’il n’y paraît de prime abord. Ou du moins moins mièvre et attendue que prévu.

Il n’en faut pas plus pour faire de Krampus une bonne surprise, qui, pour des raisons techniques, ne sera malheureusement exploitée à Bruxelles que sur une seule copie.

Guillaume Limatola
A propos Guillaume Limatola 121 Articles
Journaliste - Responsable BD du Suricate Magazine

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